Le temps des Guépards

Dans « Le Temps des guépards », l’ancien officier Michel Goya analyse les interventions militaires françaises de ces soixante dernières années. Aucun autre pays, sinon les Etats-Unis, n’a mené autant d’interventions militaires extérieures que la France. L’auteur souligne notamment le manque de moyens des armées françaises au regard des ambitions affichées, conduisant les troupes à une surexposition permanente. Unique en Europe, cet interventionnisme ne fait pourtant guère débat, tant dans la classe politique que dans l’opinion publique, convaincue du rôle universel de la France dans le monde. C’est donc la première fois que les OPEX françaises sont analysées sous cet angle.

Depuis 1961, la France a mené 19 guerres sur 3 continents ainsi que 13 grandes opérations militaires de police internationale. Elle est actuellement la seule nation européenne à combattre au Sahel et au Proche-Orient. Elle est la seule à avoir des soldats en permanence dans les rues de ses grandes villes depuis 26 ans. Les soldats français sont les plus engagés au monde et la guerre est un état permanent de la France de la Ve République.

Pour autant, la France ne le sait pas vraiment car c’est un ensemble d’opérations limitées souvent lointaines et périphériques. Du Tchad au Mali en passant par le Liban, le Rwanda ou l’Afghanistan, des centaines de milliers de « soldats nomades » français ont été engagés dans une guerre mondiale pour la défense des intérêts de la France. Des milliers d’entre eux y ont été tués ou blessés.

Michel Goya nous décrit cette « guerre mondiale en miettes » que conduit chaque président de la République pour défendre le statut de puissance de la France. Il détaille la manière dont les forces armées françaises ont été employées au cours de trois grandes périodes de la guerre froide, de la mondialisation et de la guerre contre les organisations armées, parfois avec succès, parfois de manière désastreuse.

C’est une histoire qui n’a jamais été racontée de cette façon, ni surtout analysée de manière critique par un historien et stratégiste, lui-même acteur de plusieurs de ces engagements. Elle se conclut sur le décryptage des perspectives actuelles.