Terre, terre ! La 6e session « Enjeux et stratégies maritimes » accoste enfin à Toulon

Bloqués en visioconférence derrière leurs ordinateurs par la pandémie Covid-19 pour les deux séminaires prévus initialement à Toulon et Marseille, les auditeurs de la 6e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN ont enfin pu faire escale à Toulon les lundi 21 et mardi 22 juin 2021 pour y effectuer les visites précédemment annulées.

Dès le lundi matin, le capitaine de vaisseau Yann Briand a accueilli les auditeurs et leur a présenté sa base d’aéronautique navale de Hyères et son champ d’action. Les auditeurs étaient loin d’imaginer que les hélicoptères de la Marine étaient en permanence présents sur toutes les mers du globe pour y conduire les missions couvrant l’ensemble du spectre des fonctions stratégiques mise en œuvre par les armées françaises.

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Le capitaine de vaisseau Briand s’adressant aux auditeurs

Les visites de la 31F et de la 35 F, pilotées par le capitaine de frégate Augustin Aubret et le capitaine de corvette Guillaume Loiseau leur commandant et commandant en second respectifs, a permis aux auditeurs de mesurer le niveau technologique et de performance opérationnelle d’hélicoptères parmi les plus performants au monde, notamment dans le domaine de la lutte anti-sous-marine. Ils ont également été impressionnés par l’étendu du spectre de leurs mission allant de celles de service public – en particulier la recherche et la sauvegarde des vies humaines en mer – jusqu’aux combat de haute intensité contre les sous-marins et les frégates les plus modernes.

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La session rassemblée autour du capitaine de Frégate Augustin Aubret et du capitaine de corvette Guillaume Loiseau

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Un groupe d’auditeurs entourant le lieutenant de vaisseau Benjamin Francis

Les auditeurs ont ensuite pu partager le déjeuner avec des officiers des flottilles 31F et 35F et l’équipage d’Atlantique du lieutenant de vaisseau Benjamin Francis mis en place depuis la base de Lann-Bihoué pour conduire une mission en Méditerranée.

En début d’après-midi, les auditeurs ont ainsi pu visiter ce véritable « couteau suisse » de la marine qui intervient dans l’ensemble des fonctions stratégiques dans le cadre desquelles interviennent les armées françaises, en particulier la dissuasion pour le soutien de la force océanique stratégique. Outre ses missions en mer, l’Atlantique 2 effectue des missions interarmées au-dessus de la terre, notamment en Afrique en soutien des forces terrestre dans la lutte antiterroriste. S’il emporte systématiquement une chaine « Search and rescue  (SAR), ce « Saint-Bernard des mers » est également un redoutable aéronef de combat mettant en œuvre des missiles Exocet, des torpilles et des bombes guidées laser.  

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Les auditeurs avec Emmanuel Decugis devant le câblier Raymond Croze d’Orange-Marine

Après une halte trop courte au musée national de la marine où les auditeurs ont retracé l’histoire navale de Toulon mais aussi découvert la construction navale d’antan à travers la peinture et les vestiges de certains bâtiments, ils ont mis le cap vers l’école de navigation sous-marine et des bâtiments à propulsion nucléaire (ENSM-BPN). Il y ont été accueilli par le capitaine de Vaisseau Pierre Rialland, commandant l’école et le capitaine de corvette Christophe TEYANT, l’un de ses adjoints. Les auditeurs ont découvert les capacités exceptionnelles de ces outils de simulation au réalisme inégalé, en particulier celui dédié aux sous-marins de la classe Suffren, dernier né de l’escadrille, dont le saut technologique avec ses prédécesseurs est impressionnant.

Le lendemain matin, les auditeurs ont commencé la journée chez Orange Marine, à la Seyne où ils furent accueillis par Emmanuel Decugis, directeur du site. Grâce à son exposé, aux échanges avec les auditeurs puis à la visite des infrastructures et des bâtiments, ces derniers n’ignorent plus rien des enjeux stratégiques ainsi que du haut niveau d’expertise et de technicité de l’industrie des câbles sous-marins. Ces autoroutes de l’information dont le rôle est souvent méconnu, concentrent en effet plus de 99 % des communications Internet mondiales.

L’après-midi a débuté par la visite du bâtiment de soutien d’assistance et de dépollution (BSAD) Jason de la compagnie Bourbon. Ce navire assure la protection du littoral français en Méditerranée, de la côte italienne à la côte espagnole. Il porte sur sa proue trois bandes inclinées bleu, blanc, rouge, marques des navires français dédiés à l’action de l’État en mer (AEM).

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Les auditeurs à bord du Jason autour de son commandant

Enfin, la journée s’est terminée sur le navire Amiral de la Marine Nationale :  le porte-avion nucléaire le Charles de Gaulle où les auditeurs ont été accueillis par Le capitaine de vaisseau Guillaume Piney, commandant du bâtiment et auditeur de l’IHEDN. Puis guidés par le capitaine de frégate Thomas Puga, le capitaine de corvette Jean Duboin et l’aspirant Raphaël Montagner ils ont pu découvrir une partie des centres névralgiques de cet outil stratégique à la disposition du chef de l’Etat. En effet, outre ses exceptionnelles capacités militaires projetables sur tous les océans du globe, cette véritable ville flottante, dotée des technologies de pointe les lus performantes au premier rang desquelles l’avion de chasse polyvalent Rafale, représente, selon l’expression de Hervé Coutau-Bégarie, 40.000 tonnes de diplomatie.  

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Les auditeurs sur le pont d’envol du porte-avions Charles de Gaulle

Ainsi, en deux jours, les auditeurs ont pu découvrir le très haut niveau technologique des moyens de la marine – navires de surface, sous-marins et aéronefs – ainsi que l’expertise et la forte motivation des marins qui les mettent en œuvre. Mais ils ont également touché du doigt les difficultés rencontrées pour maintenir les équipements en condition opérationnelle ainsi que pour recruter et fidéliser des marins de qualité dans un contexte de pression opérationnelle croissante et de forte sollicitation des équipages.