Les sociétés militaires privées changent-elles la nature de la guerre ?

La France voit d’un mauvais œil les discussions entre la junte malienne et le groupe privé de sécurité Wagner. Une actualité qui pose de nouveau la question du rôle de ce genre de sociétés dans les opérations extérieures.

Une multiplication d’acteurs aux contours flous  met désormais en cause le droit international humanitaire et le droit de la guerre. 

Pour ce débat, Emmanuel Laurentin reçoit le Général Benoît Durieux, directeur de l’Institut des Hautes études de défense nationale et de l’enseignement militaire supérieur (IHEDN), Jelena Aparac, présidente-rapporteuse du groupe de travail sur l’utilisation des mercenaires au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, et enfin Niagalé Bagayoko, politologue et présidente du réseau African Security Sector Network. 

 » Des sociétés privées comme Wagner, lorsqu’elles s’immiscent dans les combats, elles ne font pas la guerre, elles poursuivent des objectifs qui leur sont propres, probablement au détriment d’une perspective de stabilisation de la situation, on va donc exactement dans le sens inverse de ce qu’on souhaite faire.

Il faut bien voir que les sociétés militaires privées, dont on parle aujourd’hui, interviennent essentiellement dans des zones déstabilisées : quand vous êtes chef militaire sur place, et que vous savez qu’il y a une société militaire privée qui opère à proximité, c’est un cauchemar. Bien sûr, vous savez très bien qu’ils ne vont pas mesurer l’emploi de la force, or celui-ci est politique, et est politique jusqu’au plus bas niveau.

Les combattants travaillant pour ces sociétés utilisent massivement leurs armes, et souvent contre la population ; autrement dit, ils sabotent le travail que les militaires tentent de mener « 

Le général de corps d’armée Benoît Durieux