Défense et autonomie stratégique de l’Europe : harmoniser la réponse capacitaire de l’Otan et de l’UE

Comité 1

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, alors que l’Europe vient de connaître six années d’un conflit majeur, émerge une opposition d’un genre nouveau résultant de l’affrontement de deux blocs. Avec l’avènement de cette guerre froide, le besoin et la volonté de promouvoir une sécurité et une défense collective de l’Europe se font jour.

Dans un premier temps, cette volonté se manifeste par la création, à l’occasion de la signature du traité de Bruxelles le 17 mars 1948, de l’Union de l’Europe occidentale qui inclut un volet de défense collective. L’échec de la Communauté européenne de défense dû au rejet du traité en 1954 par l’Assemblée nationale française met néanmoins temporairement fin aux ambitions européennes en matière de défense.

C’est donc par la création de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan), organisation politico-militaire qui voit le jour le 4 avril 1949, mais ne se dote de structures permanentes qu’après la guerre de Corée, que se met réellement en place une première défense collective.

À la fin de la guerre froide, les guerres de Yougoslavie confirment les fondements de l’Alliance et motivent l’Union européenne (UE), partenariat politico-économique, à élargir ses compétences aux questions de sécurité et de défense par le traité de Maastricht, signé en 1992. Quant à l’Alliance atlantique, elle pose en juin 1996 les bases de la mise en place d’un « pilier européen ». Cette référence à un pilier amène inévitablement à se poser la question des moyens (ou « briques ») communs aux deux organisations et donc à envisager une harmonisation des constructions capacitaires.