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DOCTEUR ZIMA : “DEPUIS CE CONFLIT, LE RÔLE DE L’OTAN EST SURVALORISÉ”​

Chercheuse à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire, Amélie Zima est spécialiste de l’OTAN et de la sécurité européenne. Son intervention analyse l’OTAN “entre relégitimation par l’élargissement et échec des partenariats”.

L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord est au centre du conflit, qui oppose sur son flanc est, à la frontière de plusieurs de ses États membres, deux pays ayant des programmes de partenariat avec elle ; et l’un d’eux, la Russie, la place au cœur d’un “narratif mensonger”.

L’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN y est présentée comme l’une des raisons pour lesquelles la Russie a envahi son voisin. Pour Amélie Zima, c’est “une idée tout à fait erronée. En effet, l’OTAN n’a jamais fait rentrer l’Ukraine dans son programme de préadhésion. Les Ukrainiens pensaient qu’ils rentreraient dans cette stratégie de préadhésion en 2008, lors du sommet de Bucarest de l’OTAN, mais cela a été refusé. Ce n’est pas revenu sur la table depuis“. Le partenariat russe, engagé en 1997 pour contribuer “à construire une Europe plus stable, pacifique et sans division”, a été violé par la Russie à trois reprises selon l’OTAN (Géorgie en 2008, Ukraine en 2014 et en 2022).

Un autre récit mensonger russe porte sur la “promesse” qu’aurait formulée l’OTAN de ne jamais s’élargir. “L’OTAN n’a jamais fait cette promesse”, rappelle la chercheuse. Il y a eu des discussions orales dans les années 1990, mais des discussions orales ne peuvent engager une organisation.

Organisation défensive pour ses États membres, l’OTAN ne peut entreprendre d’intervention armée dans un État tiers, comme l’Ukraine, sans l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU. “C’est ce qui explique que l’OTAN n’a pas pu répondre positivement aux demandes du gouvernement ukrainien de mettre en place une zone d’exclusion aérienne au début du conflit. Si l’OTAN le faisait sans mandat du Conseil de sécurité de l’ONU, elle deviendrait partie au conflit.”

“Depuis ce conflit, le rôle de l’OTAN est donc survalorisé”, surtout en comparaison de celui de l’Union européenne, généreuse en financements. Mais la légitimité de l’Alliance est renforcée par les demandes d’adhésion de deux pays neutres, la Suède et la Finlande.