Colonel Remi Pellabeuf :
« se moderniser pour surclasser nos adversaires en puissance, agilité et rapidité. »

Lors de la Présentation à l’Institut de hautes études de défense nationale, le colonel Rémi Pellabeuf, de l’état-major de l’armée de Terre, a donné une conférence intitulée « les capacités modernes pour le combat : le projet de l’armée de Terre ». L’essentiel de son intervention en 5 questions.

Lors de la Présentation à l’Institut de hautes études de défense nationale, le colonel Rémi Pellabeuf, de l’état-major de l’armée de Terre, a donné une conférence intitulée « les capacités modernes pour le combat : le projet de l’armée de Terre ».

L’essentiel de son intervention en 5 questions.

La spécificité du milieu terrestre ?

À ce sujet, le colonel Rémi Pellabeuf décrit le milieu hétérogène dans lequel évolue l’armée de Terre : « des forêts, des villes, des campagnes qui sont coupés, cloisonnés par des rivières, des constructions, des autoroutes, des voies ferrées ou encore des collines. Cette hétérogénéité est abrasive pour les équipements et cela influe sur la conduite des opérations. » Pour les matériels, cela implique de pouvoir disposer de systèmes robustes et polyvalents.

Il évoque ensuite la deuxième spécificité du milieu terrestre qui se caractérise par un engagement dans la durée : « ce qui nécessite pour l’armée de Terre une rusticité pour nos équipements et que nous soyons capables d’endurance notamment par la logistique. » D’autant que les opérations sont menées avec une multiplicité de partenaires et se déroulent le plus souvent au milieu de populations avec des cultures différentes, ce qui nécessite une bonne compréhension de l’environnement.

Enfin, l’armée de Terre intervient, et c’est le sens de son action, dans un environnement hostile qui nécessite d’avoir protection et résilience.

En conclusion, le milieu terrestre est compliqué et l’action que doit mener l’armée de Terre se complexifie encore par le besoin de coordination : « Une division, c’est plus de 10 000 mobiles (véhicules et hélicoptères) dont les effets tactiques doivent être maîtrisés et rendus efficaces dans une manœuvre synchronisée. »

Pourquoi l’armée de Terre doit se moderniser ?

Pour la modernisation de l’armée de Terre, le colonel Rémi Pellabeuf évoque une équation stratégique à résoudre et que pour ce faire, il faut réussir à donner une réponse à travers trois paramètres.

1. La dialectique de l’épée et du bouclier :

c’est la nécessité de toujours devoir améliorer les instruments de l’attaque et ceux de la parade, pour ne pas se laisser distancer par l’ennemi potentiel, pour ne pas être déclassé sur le champ de bataille. Chaque puissance va chercher à se prémunir des armes offensives adverses grâce au bouclier et réviser ses armes défensives face à son épée. Ainsi, la modernisation doit être continue.

2. L’évolution du contexte :

nous sommes passés de la Guerre froide à la bipolarité, auquel a succédé l’avènement de l’hyper puissance américaine et sa contestation par le terrorisme international. Aujourd’hui nous sommes arrivés à une ère du retour de l’exercice désinhibé de la puissance multilatérale qui se caractérise notamment par une dissémination de l’innovation technologique tirée le plus souvent par la sphère privée.

3. Les lieux où nous devons exercer la puissance terrestre :

à ce sujet, nous parlons de trois espaces stratégiques : 1) le territoire national que nous devons être capables de protéger, 2) l’arc de crise (Afrique, Proche et Moyen-Orient) où nous devons être capables de gérer la crise et enfin 3) l’Europe où nous devrons être en mesure de répondre à un conflit majeur.

Ce processus permanent de modernisation de l’armée de Terre doit lui permettre de conserver sa supériorité opérationnelle sur le champ de bataille pour les combats d’aujourd’hui et de demain.

Quelles sont les tendances du champ de bataille de demain ?

Pour affiner la dialectique de l’épée et du bouclier, le colonel Rémi Pellabeuf définit le champ de bataille de demain à travers six grandes caractéristiques :

  • un champ de bataille plus étendu, du fait de l’allongement des portées. Il peut désormais s’étendre des zones arrière jusqu’au territoire national. Nous devons pouvoir riposter à grande distance ;
  • un champ de bataille plus contesté par la puissance croissante des armements. Nous devrons être capables de pénétrer sur les théâtres d’opération face aux capacités de déni d’accès et de durer sous la menace ;
  • un champ de bataille plus transparent : face à des moyens d’observation de plus en plus sophistiqués, nous devrons être capables de nous dissimuler, leurrer notre ennemi et cacher nos propres intentions ;
  • un champ de bataille plus exposé : où il faudra être capable de combiner mobilité, protection et possibilité d’agression ;
  • un champ de bataille plus dynamique : face au tempo accéléré du processus décisionnel, du fait de la numérisation et de la connectivité, nous devons être capables de gérer cette complexité pour garantir la subsidiarité des différents échelons. La connectivité doit permettre à chaque niveau hiérarchique de pouvoir disposer d’une certaine autonomie dans une zone géographique donnée tout en agissant de façon complémentaire avec le reste des moyens déployés ;
  • un champ de bataille plus automatisé : du fait de l’automatisation des systèmes d’armes et de la robotique. Nous devons réussir notre automatisation au juste niveau.

Que faut-il moderniser dans l’armée de Terre ?

Pour le colonel Rémi Pellabeuf, l’armée de Terre au combat doit se comprendre comme un système de forces. Il s’agit d’une organisation articulée de capacités militaires imbriquées, complémentaires, interdépendantes. Il s’agit de combiner leurs effets de manière cohérente pour une finalité opérationnelle. Dans ce système de force aéroterrestre, la modernisation passe par le renforcement de cinq grandes capacités :

  • une capacité de commandement : un système en lui-même fondé sur des communications, étagé hiérarchiquement pour permettre la gestion de la complexité, pour permettre de combiner les effets des capacités pour garantir la subsidiarité. Et in fine, permettre l’interopérabilité avec nos alliés ;
  • une capacité de renseignement : pour nous donner cette transparence du champ de bataille. Nous devons pouvoir voir, comprendre et cibler nos objectifs. Cela nécessite des capacités d’observation, des capacités d’analyse et des capacités de traitement ;
  • une capacité d’attaque : la capacité de destruction et de mobilité sur le champ de bataille, qui inclut les chars, l’infanterie et les canons, le minage/déminage et les ponts, les hélicoptères pour l’aérocombat ;
  • une capacité de protection : le blindage, le camouflage, la lutte anti-drone, les capacités de défense sol-air, la défense NRBC ;
  • une capacité logistique : une capacité de ravitaillement, de réparation et le soutien santé.

Comment moderniser l’armée de Terre ?

À ce sujet, le colonel Rémi Pellabeuf rappelle la nécessité de : « construire une vision à long terme pour anticiper l’évolution du contexte d’engagement stratégique pour les vingt ans à venir. » Pour répondre à ce besoin d’anticipation, l’état-major de l’armée Terre a publié en 2016, un document intitulé « action terrestre future ». Cette étude prospective définit huit facteurs de supériorité opérationnelle que doit avoir un système de force pour être capable de faire face aux défis de demain : la compréhension, la coopération, l’agilité, la masse, l’endurance, la force mentale, l’influence et la performance du commandement. La combinaison de ces huit capacités permettra aux forces terrestres de tirer le meilleur parti des technologies prometteuses et de l’emporter sur le champ de bataille.

Cette vision à long terme permet à l’armée de Terre d’assurer une cohérence transverse, c’est-à-dire de construire ses capacités opérationnelles dans le temps en s’appuyant sur des jalons successifs : « Nous avons le groupement tactique interarmes en 2021, la brigade interarmes en 2023, ce sont autant de rendez-vous de mise en cohérence de la construction de nos capacités. »

Le troisième axe de la modernisation de l’armée de Terre passe par la recherche des effets démultipliés. Cette démarche passe par le combat collaboratif associé à des travaux sur la robotique. Une ambition incarnée par les projets Scorpion et Titan.

SCORPION est la première phase de modernisation et qui va s’étendre sur cette décennie. Cette étape vise à remplacer le segment médian des blindés de l’armée de Terre par des véhicules nouvelles génération capables d’initier le combat collaboratif aéroterrestre.

TITAN est la phase deux de la modernisation de l’armée de Terre qui va s’étendre sur la décennie suivante, 2030 à 2040. Cette étape sera marquée par le renouvellement du segment lourd et elle va étendre le combat collaboratif vers l’interarmées et l’interalliés : « Cette réflexion sur vingt ans nous permet de penser d’emblée les contours et les interfaces entre l’ensemble des capacités pour garantir leur cohérence. Avec pour but de surclasser nos adversaires en puissance, agilité et rapidité. »

Enfin, deux efforts de cohérence sont portés en manière particulière SYNERGIE pour le combat collaboratif et VULCAIN pour la robotique.

Il s’agit d’abord de SYNERGIE, pour monter en gamme la connectivité du combat collaboratif de SCORPION à TITAN et assurer la compatibilité et la continuité. Le combat collaboratif consiste, par la mise en réseau des plateformes et des pions tactiques, à comprendre et décider, à agir et réagir Individuellement et collectivement plus rapidement et plus efficacement que l’ennemi. Il permet une meilleure synergie des effets tactiques. SYNERGIE organise et cadence la transformation des SIOC dans la montée progressive vers le combat collaboratif pour être capable de monter en gamme dans les services proposés : géolocalisation amie et partage de situation tactique, protection collaborative, observation collaborative, agression collaborative et mémoire collaborative (réutiliser à bon escient les données enregistrées; ex : images de route log à comparer avec images d’un survol de drone ECL en avant du convoi  pour détecter changement du sol et menace de minage).

Le projet VULCAIN concernant la robotique tactique (drones et robots terrestres) se veut un levier d’efficacité complémentaire au combat collaboratif et doit s’y intégrer. Une véritable révolution technologique est en cours et devrait changer radicalement la face du champ de bataille, ainsi que les conflits du Levant, du Haut-Karabagh ou de l’Ukraine le laissent transparaître. L’ambition de VULCAIN est de concevoir dès aujourd’hui la rupture robotique pour la construire progressivement demain. Une première phase déjà entamée (2021-2025) doit permettre d’identifier le besoin militaire pour développer une capacité robotique transverse, une deuxième doit permettre d’équiper des unités expérimentales à partir de 2025 et enfin de parvenir à une véritable robotique tactique en 2040. Au-delà des robots, VULCAIN inclut le travail sur la trame des drones de l’armée de Terre qui est une trame cohérente et globale, organisée en strates complémentaires, et équipe tous les acteurs du combat aéroterrestre (du soldat débarqué à la BIA).

Lors de la Présentation à l’Institut de hautes études de défense nationale, le colonel Rémi Pellabeuf, de l’état-major de l’armée de Terre, a donné une conférence intitulée « les capacités modernes pour le combat : le projet de l’armée de Terre ».

L’essentiel de son intervention en 5 questions.

La spécificité du milieu terrestre ?

À ce sujet, le colonel Rémi Pellabeuf décrit le milieu hétérogène dans lequel évolue l’armée de Terre : « des forêts, des villes, des campagnes qui sont coupés, cloisonnés par des rivières, des constructions, des autoroutes, des voies ferrées ou encore des collines. Cette hétérogénéité est abrasive pour les équipements et cela influe sur la conduite des opérations. » Pour les matériels, cela implique de pouvoir disposer de systèmes robustes et polyvalents.

Il évoque ensuite la deuxième spécificité du milieu terrestre qui se caractérise par un engagement dans la durée : « ce qui nécessite pour l’armée de Terre une rusticité pour nos équipements et que nous soyons capables d’endurance notamment par la logistique. » D’autant que les opérations sont menées avec une multiplicité de partenaires et se déroulent le plus souvent au milieu de populations avec des cultures différentes, ce qui nécessite une bonne compréhension de l’environnement.

Enfin, l’armée de Terre intervient, et c’est le sens de son action, dans un environnement hostile qui nécessite d’avoir protection et résilience.

En conclusion, le milieu terrestre est compliqué et l’action que doit mener l’armée de Terre se complexifie encore par le besoin de coordination : « Une division, c’est plus de 10 000 mobiles (véhicules et hélicoptères) dont les effets tactiques doivent être maîtrisés et rendus efficaces dans une manœuvre synchronisée. »

Pourquoi l’armée de Terre doit se moderniser ?

Pour la modernisation de l’armée de Terre, le colonel Rémi Pellabeuf évoque une équation stratégique à résoudre et que pour ce faire, il faut réussir à donner une réponse à travers trois paramètres.

1. La dialectique de l’épée et du bouclier :

c’est la nécessité de toujours devoir améliorer les instruments de l’attaque et ceux de la parade, pour ne pas se laisser distancer par l’ennemi potentiel, pour ne pas être déclassé sur le champ de bataille. Chaque puissance va chercher à se prémunir des armes offensives adverses grâce au bouclier et réviser ses armes défensives face à son épée. Ainsi, la modernisation doit être continue.

2. L’évolution du contexte :

nous sommes passés de la Guerre froide à la bipolarité, auquel a succédé l’avènement de l’hyper puissance américaine et sa contestation par le terrorisme international. Aujourd’hui nous sommes arrivés à une ère du retour de l’exercice désinhibé de la puissance multilatérale qui se caractérise notamment par une dissémination de l’innovation technologique tirée le plus souvent par la sphère privée.

3. Les lieux où nous devons exercer la puissance terrestre :

à ce sujet, nous parlons de trois espaces stratégiques : 1) le territoire national que nous devons être capables de protéger, 2) l’arc de crise (Afrique, Proche et Moyen-Orient) où nous devons être capables de gérer la crise et enfin 3) l’Europe où nous devrons être en mesure de répondre à un conflit majeur.

Ce processus permanent de modernisation de l’armée de Terre doit lui permettre de conserver sa supériorité opérationnelle sur le champ de bataille pour les combats d’aujourd’hui et de demain.

Quelles sont les tendances du champ de bataille de demain ?

Pour affiner la dialectique de l’épée et du bouclier, le colonel Rémi Pellabeuf définit le champ de bataille de demain à travers six grandes caractéristiques :

  • un champ de bataille plus étendu, du fait de l’allongement des portées. Il peut désormais s’étendre des zones arrière jusqu’au territoire national. Nous devons pouvoir riposter à grande distance ;
  • un champ de bataille plus contesté par la puissance croissante des armements. Nous devrons être capables de pénétrer sur les théâtres d’opération face aux capacités de déni d’accès et de durer sous la menace ;
  • un champ de bataille plus transparent : face à des moyens d’observation de plus en plus sophistiqués, nous devrons être capables de nous dissimuler, leurrer notre ennemi et cacher nos propres intentions ;
  • un champ de bataille plus exposé : où il faudra être capable de combiner mobilité, protection et possibilité d’agression ;
  • un champ de bataille plus dynamique : face au tempo accéléré du processus décisionnel, du fait de la numérisation et de la connectivité, nous devons être capables de gérer cette complexité pour garantir la subsidiarité des différents échelons. La connectivité doit permettre à chaque niveau hiérarchique de pouvoir disposer d’une certaine autonomie dans une zone géographique donnée tout en agissant de façon complémentaire avec le reste des moyens déployés ;
  • un champ de bataille plus automatisé : du fait de l’automatisation des systèmes d’armes et de la robotique. Nous devons réussir notre automatisation au juste niveau.
Que faut-il moderniser dans l’armée de Terre ?

Pour le colonel Rémi Pellabeuf, l’armée de Terre au combat doit se comprendre comme un système de forces. Il s’agit d’une organisation articulée de capacités militaires imbriquées, complémentaires, interdépendantes. Il s’agit de combiner leurs effets de manière cohérente pour une finalité opérationnelle. Dans ce système de force aéroterrestre, la modernisation passe par le renforcement de cinq grandes capacités :

  • une capacité de commandement : un système en lui-même fondé sur des communications, étagé hiérarchiquement pour permettre la gestion de la complexité, pour permettre de combiner les effets des capacités pour garantir la subsidiarité. Et in fine, permettre l’interopérabilité avec nos alliés ;
  • une capacité de renseignement : pour nous donner cette transparence du champ de bataille. Nous devons pouvoir voir, comprendre et cibler nos objectifs. Cela nécessite des capacités d’observation, des capacités d’analyse et des capacités de traitement ;
  • une capacité d’attaque : la capacité de destruction et de mobilité sur le champ de bataille, qui inclut les chars, l’infanterie et les canons, le minage/déminage et les ponts, les hélicoptères pour l’aérocombat ;
  • une capacité de protection : le blindage, le camouflage, la lutte anti-drone, les capacités de défense sol-air, la défense NRBC ;
  • une capacité logistique : une capacité de ravitaillement, de réparation et le soutien santé.
Que faut-il moderniser dans l’armée de Terre ?

Pour le colonel Rémi Pellabeuf, l’armée de Terre au combat doit se comprendre comme un système de forces. Il s’agit d’une organisation articulée de capacités militaires imbriquées, complémentaires, interdépendantes. Il s’agit de combiner leurs effets de manière cohérente pour une finalité opérationnelle. Dans ce système de force aéroterrestre, la modernisation passe par le renforcement de cinq grandes capacités :

  • une capacité de commandement : un système en lui-même fondé sur des communications, étagé hiérarchiquement pour permettre la gestion de la complexité, pour permettre de combiner les effets des capacités pour garantir la subsidiarité. Et in fine, permettre l’interopérabilité avec nos alliés ;
  • une capacité de renseignement : pour nous donner cette transparence du champ de bataille. Nous devons pouvoir voir, comprendre et cibler nos objectifs. Cela nécessite des capacités d’observation, des capacités d’analyse et des capacités de traitement ;
  • une capacité d’attaque : la capacité de destruction et de mobilité sur le champ de bataille, qui inclut les chars, l’infanterie et les canons, le minage/déminage et les ponts, les hélicoptères pour l’aérocombat ;
  • une capacité de protection : le blindage, le camouflage, la lutte anti-drone, les capacités de défense sol-air, la défense NRBC ;
  • une capacité logistique : une capacité de ravitaillement, de réparation et le soutien santé.
Comment moderniser l’armée de Terre ?

À ce sujet, le colonel Rémi Pellabeuf rappelle la nécessité de : « construire une vision à long terme pour anticiper l’évolution du contexte d’engagement stratégique pour les vingt ans à venir. » Pour répondre à ce besoin d’anticipation, l’état-major de l’armée Terre a publié en 2016, un document intitulé « action terrestre future ». Cette étude prospective définit huit facteurs de supériorité opérationnelle que doit avoir un système de force pour être capable de faire face aux défis de demain : la compréhension, la coopération, l’agilité, la masse, l’endurance, la force mentale, l’influence et la performance du commandement. La combinaison de ces huit capacités permettra aux forces terrestres de tirer le meilleur parti des technologies prometteuses et de l’emporter sur le champ de bataille.

Cette vision à long terme permet à l’armée de Terre d’assurer une cohérence transverse, c’est-à-dire de construire ses capacités opérationnelles dans le temps en s’appuyant sur des jalons successifs : « Nous avons le groupement tactique interarmes en 2021, la brigade interarmes en 2023, ce sont autant de rendez-vous de mise en cohérence de la construction de nos capacités. »

Le troisième axe de la modernisation de l’armée de Terre passe par la recherche des effets démultipliés. Cette démarche passe par le combat collaboratif associé à des travaux sur la robotique. Une ambition incarnée par les projets Scorpion et Titan.

SCORPION est la première phase de modernisation et qui va s’étendre sur cette décennie. Cette étape vise à remplacer le segment médian des blindés de l’armée de Terre par des véhicules nouvelles génération capables d’initier le combat collaboratif aéroterrestre.

TITAN est la phase deux de la modernisation de l’armée de Terre qui va s’étendre sur la décennie suivante, 2030 à 2040. Cette étape sera marquée par le renouvellement du segment lourd et elle va étendre le combat collaboratif vers l’interarmées et l’interalliés : « Cette réflexion sur vingt ans nous permet de penser d’emblée les contours et les interfaces entre l’ensemble des capacités pour garantir leur cohérence. Avec pour but de surclasser nos adversaires en puissance, agilité et rapidité. »

Enfin, deux efforts de cohérence sont portés en manière particulière SYNERGIE pour le combat collaboratif et VULCAIN pour la robotique.

Il s’agit d’abord de SYNERGIE, pour monter en gamme la connectivité du combat collaboratif de SCORPION à TITAN et assurer la compatibilité et la continuité. Le combat collaboratif consiste, par la mise en réseau des plateformes et des pions tactiques, à comprendre et décider, à agir et réagir Individuellement et collectivement plus rapidement et plus efficacement que l’ennemi. Il permet une meilleure synergie des effets tactiques. SYNERGIE organise et cadence la transformation des SIOC dans la montée progressive vers le combat collaboratif pour être capable de monter en gamme dans les services proposés : géolocalisation amie et partage de situation tactique, protection collaborative, observation collaborative, agression collaborative et mémoire collaborative (réutiliser à bon escient les données enregistrées; ex : images de route log à comparer avec images d’un survol de drone ECL en avant du convoi  pour détecter changement du sol et menace de minage).

Le projet VULCAIN concernant la robotique tactique (drones et robots terrestres) se veut un levier d’efficacité complémentaire au combat collaboratif et doit s’y intégrer. Une véritable révolution technologique est en cours et devrait changer radicalement la face du champ de bataille, ainsi que les conflits du Levant, du Haut-Karabagh ou de l’Ukraine le laissent transparaître. L’ambition de VULCAIN est de concevoir dès aujourd’hui la rupture robotique pour la construire progressivement demain. Une première phase déjà entamée (2021-2025) doit permettre d’identifier le besoin militaire pour développer une capacité robotique transverse, une deuxième doit permettre d’équiper des unités expérimentales à partir de 2025 et enfin de parvenir à une véritable robotique tactique en 2040. Au-delà des robots, VULCAIN inclut le travail sur la trame des drones de l’armée de Terre qui est une trame cohérente et globale, organisée en strates complémentaires, et équipe tous les acteurs du combat aéroterrestre (du soldat débarqué à la BIA).