ADN 2026, boussole dans un monde d’incertitudes stratégiques

Publié le :

31 octobre 2025
La troisième édition de l’Année de la défense nationale (ADN), ouvrage de référence coordonné par l’IHEDN et publié par La Documentation française, est dès maintenant en librairie.
Soirée de lancement de l'ADN 2026

Le nouvel opus de l’ADN est arrivé ! Présentée le 22 octobre à l’École militaire devant un amphithéâtre plein, l’édition 2026 prolonge et approfondit l’aventure intellectuelle engagée par l’Institut depuis 2023 et confirme la place de l’ADN comme rendez-vous annuel de référence pour penser les enjeux de défense et de sécurité dans un monde fragmenté. Rassemblant 19 contributions signées par 23 auteurs issus du monde académique, militaire, diplomatique et institutionnel, l’ouvrage offre des clés utiles aux décideurs, aux professionnels, aux auditeurs et au grand public, afin de comprendre pour agir.

 

Dirigée par le général Hervé de Courrèges, directeur de l’IHEDN et de l’Enseignement militaire supérieur (EMS), coordonnée par le Département des études et de la recherche et éditée par la Documentation française, cette édition 2026 porte un titre évocateur « Incertitudes stratégiques », non pas pour céder au pessimisme, mais pour décrire avec lucidité un monde devenu plus instable, plus imprévisible, et offrir une analyse rigoureuse.

Focus sur quatre contributions qui éclairent la complexité des enjeux actuels:

Jade Guiberteau Ricard, assistante de recherche pour le programme Military Expenditure and Arms Production du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), met en lumière la manière dont les exportations d’armement sont un instrument de puissance et d’influence. Le rapport annuel au Parlement sur les exportations d’armement éclaire de fait la double vocation stratégique et économique de la politique industrielle française de défense. Alors que la France est devenue le deuxième exportateur mondial d’armes, ces ventes soutiennent la pérennité d’une base industrielle et technologique de défense nationale. Héritage du gaullisme, elles incarnent une conception française de la souveraineté, où puissance, économie et diplomatie se rejoignent. Derrière les chiffres, le rapport se veut par ailleurs un outil de transparence démocratique.

Dans sa contribution, le service de vigilance et protection contre les ingérences numériques étrangères (VIGINUM) nous éclaire sur la déstabilisation en ligne en analysant les actions menées en France par le Baku Initiative Group (BIG). Depuis 2023, le BIG mène des campagnes hybrides visant à délégitimer la souveraineté de la France sur ses territoires ultramarins. Coordonnée par des réseaux numériques (bots, trolls, hashtags) et des relais militants internationaux, cette action exploite les fractures sociales et identitaires locales. Pour VIGINUM, il s’agit d’un cas emblématique des nouvelles formes d’ingérence et de guerre informationnelle, combinant désinformation, diplomatie parallèle et instrumentalisation idéologique à des fins géopolitiques.

Dr. Clotilde Champeyrache, maitresse de conférences au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), aborde le narcotrafic comme une menace pour la souveraineté et la démocratie. Le narcotrafic n’est plus qu’un simple fléau sanitaire, mais un enjeu stratégique global qui mine l’économie, la gouvernance et la cohésion sociale. En France, les réseaux criminels, de plus en plus professionnels, infiltrent l’économie légale, financent la corruption et érodent la confiance dans l’État. Avec un chiffre d’affaires estimé à 6 milliards d’euros par an, cette économie parallèle alimente une véritable logique mafieuse. L’autrice appelle à un changement de paradigme : frapper les organisations, confisquer leurs avoirs et renforcer le renseignement criminel pour restaurer la légitimité démocratique et la souveraineté économique.

Dans son article, Dr. Arthur Stein, analyste senior à l’IHEDN, analyse comment le groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTC) a tourné le dos au djihadisme global pour consolider son pouvoir en Syrie. L’organisation illustre une évolution paradoxale du terrorisme contemporain. Issu d’Al-Qaïda et de l’État islamique, elle a renoncé à des objectifs transnationaux pour se recentrer sur un projet national : la conquête du pouvoir et la stabilisation du territoire. En combattant ses anciens partenaires djihadistes, HTC a cherché à se légitimer politiquement et internationalement, et à devenir un acteur responsable. L’auteur relève que cette mutation stratégique, certainement plus pragmatique qu’idéologique, pourrait faire de HTC le principal artisan du déclin du djihadisme transnational en Syrie.

Retrouvez l’intégralité de ces contributions, et bien d’autres encore, dans l’Année de la Défense Nationale 2026, Institut des hautes études de défense nationale et Documentation française, 190 p., 24,90 € (papier) ou 17,99 € (numérique).