Athéna à la plage - Édition 2026 :
Le tour de France stratégique

Pour la quatrième année consécutive, l’IHEDN est heureuse de vous accompagner durant vos vacances avec le lancement de notre dossier estival : « Athéna à la plage » !

Pour 2026, nous cassons les codes et vous proposons une expérience inédite en lançant notre propre Tour de France. Le grand départ sera donné demain depuis Barcelone pour une course d’orientation intellectuelle et géopolitique qui rejoindra, après un périple mémorable, la ligne d’arrivée mythique le 26 juillet dans la Cour d’honneur de l’École militaire.

En 21 étapes incontournables, nous allons arpenter le territoire sous un angle totalement renouvelé. Au programme de cette grande boucle :

  • De la haute stratégie : décryptage des grands enjeux de coopération et des partenariats internationaux.
  • De la géographie militaire : analyse des défis topographiques, des frontières et des reliefs qui façonnent la défense d’hier et de demain.
  • De l’histoire humaine : immersion dans les lieux stratégiques clés et focus sur des personnages illustres qui ont marqué notre histoire commune.

Parce que l’été est aussi synonyme de détente, nous avons conçu ce parcours sous le signe de l’interactivité. Tout au long de la route, vous retrouverez des contenus interactifs, des anecdotes historiques méconnues et des jeux hebdomadaires pour tester vos connaissances.

Que vous soyez les pieds dans l’eau, à la montagne ou au bureau, préparez votre paquetage : le grand départ, c’est maintenant !

Bon été et bonne route stratégique à tous avec « Athéna à la plage » !

Aujourd’hui, Athéna fait sa première escale dans un lieu aussi discret qu’exceptionnel : l’Île des Faisans.

Située sur le fleuve Bidassoa, à la frontière naturelle entre la France et l’Espagne, cette petite île possède un statut juridique et politique unique en Europe : elle est administrée conjointement par les deux pays selon le principe du condominium. Concrètement, sa souveraineté alterne tous les six mois : elle passe sous autorité française du 1er août au 31 janvier, puis sous autorité espagnole du 1er février au 31 juillet.

Le théâtre de la Haute Diplomatie du XVIIe siècle

Ce morceau de terre devient célèbre au milieu du XVIIe siècle, lors des négociations du Traité des Pyrénées, signé en 1659. Cet accord historique met fin à plus de deux décennies d’une guerre acharnée entre les deux grandes puissances européennes, alors engagées dans une rivalité politique, militaire et territoriale majeure.

L’Île des Faisans se transforme alors en un espace diplomatique hautement stratégique. Territoire neutre par excellence, c’est là que se déroulent les conférences cruciales entre le ministre français, le cardinal Mazarin, et le représentant espagnol, don Luis de Haro, afin de tracer la nouvelle frontière et de négocier les termes de la paix.

Le lieu est également associé à un événement fastueux de l’histoire européenne : le mariage par procuration de Louis XIV avec l’infante d’Espagne, Marie-Thérèse, une union dynastique directement destinée à sceller et consolider la réconciliation entre les deux royaumes.

Du conflit à la coopération partagée

Au fil des siècles, l’île est devenue un symbole fort du passage d’un espace de confrontation à un espace de coopération. Là où se jouaient autrefois des rivalités de puissance s’exprime aujourd’hui une gestion partagée, pacifique et routinière du territoire (assurée aujourd’hui par les commandants de la Marine nationale française et de la Marine espagnole).

L’Île des Faisans nous rappelle ainsi de manière concrète que la diplomatie et le droit peuvent transformer durablement les relations entre les États et faire émerger des formes originales de coopération internationale.

Barcelone est une ville profondément marquée par l’un des grands conflits européens du XVIIIe siècle : la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714).

Tout commence à la mort du roi d’Espagne Charles II, qui s’éteint sans héritier direct. Dans son testament, il attribue le trône à son petit-neveu Philippe d’Anjou, le petit-fils de Louis XIV. Cette décision provoque rapidement l’inquiétude de plusieurs puissances européennes, qui craignent un rapprochement durable entre les couronnes française et espagnole, et un déséquilibre majeur des rapports de force en Europe.

Face à cette perspective, une vaste coalition se forme contre la France. L’Angleterre, les Provinces-Unies, le Saint-Empire romain germanique et plusieurs autres États s’engagent dans un conflit qui dépasse largement les frontières de la péninsule. Pendant plus de dix ans, les combats font rage en Europe, sur les mers et dans les colonies.

Barcelone devient alors un enjeu stratégique majeur. La ville choisit de soutenir le camp des Habsbourg et subit un long et douloureux siège avant de tomber le 11 septembre 1714. Cette date reste, aujourd’hui encore, un symbole central dans l’histoire et la mémoire catalanes.

La guerre s’achève avec le traité d’Utrecht en 1713, complété par d’autres accords. Un compromis est finalement trouvé : Philippe V conserve le trône d’Espagne, mais renonce définitivement à ses droits sur la couronne de France pour éviter toute union politique entre les deux pays.

Au-delà de l’affrontement dynastique, cette guerre illustre des enjeux toujours très actuels : l’équilibre des puissances, les alliances militaires, l’influence diplomatique et la stabilité européenne.

Aujourd’hui, le Tour Athéna s’arrête à Collioure, au Centre national d’entraînement commando (CNEC), un lieu emblématique de la formation militaire française.

Créé en 1964 par l’armée de Terre dans le contexte de la Guerre froide, le CNEC s’inscrit à l’origine dans une volonté de modernisation des forces françaises, enrichie par les retours d’expérience des guerres d’Indochine et d’Algérie. Depuis sa création, son objectif reste inchangé : préparer les militaires aux réalités du combat en conditions extrêmes.

Le centre forme les soldats aux techniques commandos, c’est-à-dire à des situations où l’endurance physique, la résistance mentale et la capacité d’adaptation sont vitales. Les stagiaires y développent des compétences pointues :

  • Le franchissement d’obstacles complexes ;
  • Le combat rapproché ;
  • La survie en milieu hostile ;
  • La gestion du stress intense ;
  • L’action en terrains difficiles.

 

Pour offrir une formation complète, le CNEC est réparti sur deux sites complémentaires dans les Pyrénées-Orientales :

  • Mont-Louis, spécialisé dans l’entraînement en milieu montagneux ;
  • Collioure, tourné vers les exercices en environnements maritimes et côtiers.

 

Cette diversité de terrains permet de confronter les militaires à des conditions très proches de celles rencontrées lors des opérations extérieures (OPEX). L’objectif est de forger des soldats capables d’agir rapidement, efficacement et avec sang-froid dans des contextes complexes.

Au-delà de la simple performance physique, le CNEC cultive des qualités humaines essentielles aux opérations modernes : la cohésion de groupe, la prise de décision sous pression et l’esprit d’initiative. Aujourd’hui encore, ce centre demeure une référence incontournable dans la préparation opérationnelle de l’armée de Terre française.

Carcassonne est l’une des villes fortifiées les plus emblématiques d’Europe. Avec ses impressionnants remparts et ses nombreuses tours de défense, la cité illustre parfaitement un mode de combat qui a marqué l’histoire militaire pendant plusieurs siècles : la guerre des sièges.

Contrairement aux batailles menées en terrain ouvert, la guerre des sièges consiste à attaquer ou à défendre une forteresse dans le seul but de prendre le contrôle d’une ville ou d’un point hautement stratégique. Pour y parvenir, plusieurs méthodes étaient employées par les assaillants :

  • Encercler la place forte pour affamer les défenseurs grâce à un blocus rigoureux ;
  • Détruire les murailles à l’aide de l’artillerie et des canons ;
  • Lancer des assauts directs et massifs contre les remparts ;
  • Creuser des galeries souterraines sous les murs afin de provoquer leur effondrement.

 

Ce type de conflit reposait sur une discipline très précise appelée la poliorcétique, terme issu du grec ancien qui désigne l’art d’attaquer et de défendre les places fortes.

Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la poliorcétique s’impose comme un élément essentiel de la stratégie militaire européenne. Elle mobilise simultanément trois grands piliers :

  • Des connaissances tactiques pointues ;
  • Des techniques complexes d’ingénierie ;
  • Des compétences poussées en architecture militaire.

 

Les fortifications jouent alors un rôle central dans la protection des territoires et des populations. Carcassonne constitue aujourd’hui un exemple remarquable de cette architecture défensive. Sa double enceinte de remparts et ses 52 tours témoignent de l’importance capitale accordée à la défense des villes face aux menaces militaires de l’époque.

Cette quatrième étape nous rappelle ainsi que les conflits d’autrefois ne se jouaient pas uniquement sur les champs de bataille, mais aussi au pied des murs, au cœur des forteresses et à travers les capacités de résistance des cités.

Cette cinquième étape du Tour Athéna nous emmène à la découverte du 5e Régiment d’hélicoptères de combat (5e RHC) et de l’Aviation légère de l’armée de Terre (ALAT), deux acteurs essentiels des opérations militaires françaises.

Basé à Pau, le 5e RHC met en œuvre des hélicoptères de combat et de manœuvre capables d’intervenir rapidement au plus près des forces engagées sur le terrain. Le régiment participe à de nombreuses missions opérationnelles majeures, parmi lesquelles :

  • L’appui feu et la protection des troupes au sol ;
  • La reconnaissance tactique et l’acquisition de renseignements ;
  • Le transport de troupes et de matériel ;
  • L’évacuation sanitaire de blessés (appelée EVASAN).

 

Grâce à leur grande mobilité et leur capacité d’action fulgurante, les hélicoptères jouent un rôle crucial dans les conflits modernes, tout particulièrement dans des environnements difficiles d’accès ou isolés.

Le 5e RHC appartient à l’ALAT. Créée après la Seconde Guerre mondiale, l’Aviation légère de l’armée de Terre regroupe l’ensemble des moyens aéromobiles de l’armée de Terre française. Sa mission principale est d’apporter un soutien direct aux forces terrestres au contact de l’ennemi.

Pour répondre à la diversité de ses missions, l’ALAT dispose de plusieurs types d’appareils de pointe :

  • Des hélicoptères d’attaque, comme le Tigre ;
  • Des hélicoptères de manœuvre et d’assaut, comme le Caïman (NH90) ou le Cougar ;
  • Des hélicoptères de reconnaissance et d’allègement, destinés à l’observation et au guidage.

 

Ces moyens hautement technologiques ont notamment été projetés lors d’opérations extérieures majeures, à l’image de l’opération Barkhane au Sahel ou du conflit en Afghanistan. Cette étape du Tour Athéna permet ainsi de mieux appréhender l’importance vitale de la troisième dimension — la mobilité aérienne — dans les engagements contemporains.

Chaque année, le Pèlerinage militaire international (PMI) rassemble à Lourdes des milliers de militaires venus du monde entier. Organisé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, ce rendez-vous est devenu un événement majeur mêlant mémoire, solidarité, accompagnement des blessés et rencontres interarmées.

Le PMI est né dans un contexte marqué par les lourdes conséquences humaines des conflits mondiaux. Dès 1948, des militaires blessés et des anciens combattants issus d’hôpitaux militaires participent à des rassemblements organisés à Lourdes. L’objectif est alors double : accompagner les soldats marqués par la guerre et offrir un moment de fraternité et de spiritualité après les traumatismes des combats.

Cependant, le lien entre Lourdes et les armées remonte à la Première Guerre mondiale. Durant cette période, plusieurs structures d’accueil de la ville se mobilisent pour héberger et soigner les blessés du front. Des établissements comme l’Accueil Marie Saint-Frai participent activement à cet effort d’assistance, au sein d’une cité déjà reconnue pour sa capacité d’accueil.

Au fil des décennies, le PMI a évolué pour prendre une véritable dimension internationale. Aujourd’hui, il réunit :

  • Des militaires d’active ;
  • Des blessés de guerre et des militaires en reconstruction ;
  • Des délégations étrangères issues de dizaines de pays ;
  • Des associations du monde combattant ;
  • Des familles et des accompagnants.

 

Le pèlerinage s’organise autour de plusieurs temps forts : cérémonies militaires officielles, moments de recueillement, accompagnement personnalisé des blessés, rencontres entre nations et activités collectives. Au-delà de sa dimension spirituelle, le PMI joue un rôle essentiel de cohésion, de mémoire et de soutien humain pour la communauté de défense.

La 66e édition s’est déroulée du 22 au 24 mai 2026, perpétuant ainsi une tradition internationale de paix et de fraternité née au siècle dernier.

La Base aérienne 106 est un site militaire profondément marqué par l’histoire des conflits du XXe siècle, qui demeure aujourd’hui encore essentiel aux opérations aériennes françaises.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la base joue un rôle stratégique majeur. Dès 1940, elle est occupée par l’armée allemande et utilisée par la Luftwaffe pour mener des missions de reconnaissance et de combat au-dessus de l’océan Atlantique. En raison de cette importance militaire, le site devient une cible prioritaire pour les Alliés. Entre 1943 et 1944, la base subit ainsi plusieurs vagues de bombardements qui provoquent d’importantes destructions.

Après la guerre, le site est entièrement reconstruit puis officiellement renommé Base aérienne 106 en 1945. Durant la Guerre froide, elle s’impose comme un élément clé du dispositif de défense aérienne français.

Aujourd’hui encore, la BA 106 conserve un rôle stratégique de premier plan au sein de l’armée de l’Air et de l’Espace. Le site accueille environ 3 000 personnels, militaires et civils, et participe activement à de nombreuses missions :

  • Le transport militaire ;
  • La surveillance aérienne ;
  • La coordination des opérations ;
  • Le soutien logistique des forces aériennes.

Cette septième étape du Tour Athéna permet de comprendre comment les infrastructures militaires évoluent au fil des conflits pour continuer d’occuper une place centrale dans les opérations contemporaines.

Cette huitième étape du Tour Athéna nous emmène à la découverte du site Eurenco, un acteur majeur de la Base industrielle et technologique de défense (BITD) française.

L’histoire de ce site industriel remonte à la Première Guerre mondiale. À cette époque, la France doit augmenter massivement et rapidement sa production de munitions pour soutenir l’effort de guerre au front. Une poudrerie nationale est alors créée afin de fabriquer des composants hautement stratégiques destinés aux armées. Le site produit notamment :

  • Des poudres pour les obus de l’artillerie ;
  • De la nitrocellulose, un élément chimique indispensable à la fabrication de nombreuses munitions.

 

Pendant des décennies, cette activité industrielle historique joue un rôle déterminant dans l’approvisionnement et l’autonomie des forces armées françaises.

Aujourd’hui, Eurenco connaît une phase de développement et de transformation sans précédent. Dans un contexte géopolitique marqué par le retour de la haute intensité, le site est au cœur de ce que les autorités qualifient « d’économie de guerre », visant à restaurer notre souveraineté industrielle.

Depuis 2023, plusieurs projets d’envergure ont été engagés :

  • La relocalisation stratégique de la production de poudre sur le sol français ;
  • La construction de nouvelles lignes de fabrication automatisées ;
  • Le renforcement global des capacités industrielles de défense.

 

Le site doit également composer avec son histoire en gérant l’héritage environnemental laissé par les anciennes activités industrielles des deux guerres mondiales, notamment la dépollution de sols marqués par l’usage historique de certaines substances chimiques.

Cette étape du Tour Athéna met en lumière l’importance vitale de l’industrie de défense : un domaine où se croisent mémoire des conflits, défis de production de masse et souveraineté nationale.

Cette neuvième étape du Tour Athéna nous plonge au cœur des camps d’entraînement militaires français à travers l’exemple emblématique du camp de La Courtine.

Créé en 1901, le camp de La Courtine répond à un besoin fondamental de l’armée française : disposer de vastes espaces dédiés à la formation et à l’instruction des troupes. Situé dans une zone rurale isolée de la Creuse, il offre des conditions géographiques idéales pour organiser des manœuvres complexes, des exercices de tir et des entraînements à grande échelle.

Le camp de La Courtine s’est rapidement imposé comme l’un des plus grands de France. Il s’inscrit dans un réseau national d’infrastructures de préparation, chacune ayant des spécificités adaptées aux impératifs opérationnels :

  • L’entraînement en milieu montagneux ;
  • Le combat en zone boisée et urbaine ;
  • Les exercices de tir réel et de haute précision ;
  • La préparation aux opérations interarmes et interarmées ;
  • Les manœuvres tactiques d’ampleur.

 

Ces espaces jouent un rôle vital dans la préparation opérationnelle. Ils permettent aux militaires de s’aguerrir dans des conditions très proches de la réalité des opérations extérieures (OPEX) ou des missions de protection du territoire national.

Le camp de La Courtine reste également le théâtre d’un épisode historique singulier. En 1917, en pleine Première Guerre mondiale, des soldats russes envoyés en France refusent de retourner au front après le déclenchement de la Révolution russe. Ils se mutinent et prennent le contrôle du site. L’armée française doit alors intervenir pour reprendre le contrôle du camp, allant jusqu’à utiliser l’artillerie. Cet événement, connu sous le nom de « mutinerie de La Courtine », constitue un cas rare de révolte militaire étrangère armée sur le sol français.

Aujourd’hui encore, le camp demeure un maillon actif et moderne utilisé par les forces armées françaises pour leurs exercices de préparation. Cette étape permet ainsi de mieux comprendre le rôle stratégique de ces espaces dans l’évolution des tactiques militaires au fil du temps.

Chaque année, le 14-Juillet occupe une place particulière dans la vie publique française. Entre cérémonies officielles, rassemblements populaires et événements de grande ampleur, cette journée est devenue l’un des plus grands symboles de la République et de la cohésion nationale.

Le célèbre défilé militaire mobilise chaque année des milliers de personnels issus des différentes composantes des forces armées françaises. Forces terrestres, unités de l’air et de l’espace, Marine nationale, formations spécialisées ou encore écoles militaires y participent afin de représenter toute la diversité des capacités opérationnelles de notre pays.

À titre d’exemple, l’événement a réuni lors d’une précédente édition près de :

  • 7 000 militaires ;
  • 65 aéronefs ;
  • 34 hélicoptères ;
  • 247 véhicules et engins blindés.

Au-delà de son aspect protocolaire et cérémoniel, cette journée permet de mettre en avant les savoir-faire techniques des armées, leur réactivité ainsi que les coopérations internationales développées avec de nombreux partenaires étrangers.

Le 14-Juillet constitue également un moment privilégié de rencontre entre les citoyens et leurs armées. Les défilés et cérémonies locales — comme ici à Aurillac —, les concerts de musiques militaires ou les présentations de matériels permettent de faire découvrir des métiers, des technologies et des traditions souvent méconnus au grand public.

Cette dixième étape du Tour Athéna rappelle ainsi que le 14-Juillet dépasse largement le cadre des seules célébrations populaires : il incarne à la fois l’histoire républicaine, la mémoire nationale et le lien indéfectible qui unit la nation à ses armées.

Aujourd’hui, le Tour Athéna fait escale à Decize pour honorer la mémoire du Decizois Maurice Genevoix, grand écrivain, ancien combattant et figure incontournable de la transmission de la Première Guerre mondiale.

Mobilisé dès le début du conflit en août 1914, le jeune normalien combat comme sous-lieutenant d’infanterie. Promu officier, il participe à l’une des campagnes les plus éprouvantes et meurtrières du front : la bataille des Éparges, dans la Meuse. En avril 1915, il y est grièvement blessé par trois balles, ce qui met fin à son parcours au combat, mais marque le début de sa mission mémorielle.

Après la guerre, Maurice Genevoix choisit l’écriture pour témoigner de l’indicible. Son chef-d’œuvre, Ceux de 14 — recueil de ses récits de guerre —, s’impose comme le témoignage le plus fidèle, sobre et réaliste du quotidien des soldats dans les tranchées. Loin de l’héroïsme romancé ou de la propagande de l’époque, sa plume décrit la réalité brute : la boue, le froid, la peur, la violence omniprésente des bombardements, mais aussi la force de la fraternité et de la camaraderie face à la mort.

Élu à l’Académie française en 1946, dont il deviendra le Secrétaire perpétuel, Maurice Genevoix a dédié sa vie à porter la voix de ses camarades tombés au front. En 2020, cent ans après l’inhumation du Soldat inconnu, il fait son entrée au Panthéon. À travers lui, c’est l’ensemble de la génération de la Grande Guerre qui a été honorée par la nation.

Cette onzième étape du Tour Athéna nous rappelle le rôle fondamental de la littérature et des témoignages historiques dans l’entretien du devoir de mémoire et la compréhension de l’expérience combattante.

Glisser les cases pour recomposer ce portrait de Maurice Genevoix

Le Tour Athéna fait étape aujourd’hui au Creusot, ville industrielle emblématique qui illustre parfaitement l’histoire, l’adaptation et la puissance de la Base industrielle et technologique de défense (BITD) française.

Bien avant de devenir un fleuron du secteur nucléaire moderne, le site du Creusot est intimement lié à la saga des usines Schneider et Cie. Au XIXe siècle et pendant la première moitié du XXe siècle, ces gigantesques forges métallurgiques participent de manière vitale à l’effort industriel et militaire français. Lors des deux guerres mondiales, Le Creusot tourne à plein régime pour approvisionner les armées nationales en produisant : des pièces d’artillerie et des canons de gros calibres de renommée mondiale ; des blindages d’acier d’une résistance exceptionnelle pour la Marine et l’armée de Terre ; du matériel militaire lourd et des infrastructures stratégiques.

La ville s’impose alors comme le symbole de la puissance industrielle de la nation, démontrant que la victoire sur le front dépend d’abord de la capacité de production à l’arrière.

À partir de 1958, la tradition de la haute métallurgie du Creusot prend un nouveau tournant stratégique avec l’implantation de Framatome. L’entreprise y développe un savoir-faire unique au monde appliqué au nucléaire civil et aux équipements énergétiques de pointe. Aujourd’hui, le site conçoit et produit : des composants forgés lourds indispensables pour les réacteurs nucléaires ; des pièces métalliques de très haute technicité capables de résister à des pressions extrêmes ; des équipements stratégiques essentiels à l’indépendance énergétique de la France.

Cette douzième étape met en lumière l’évolution de nos industries souveraines : un passage historique réussi d’une production initialement tournée vers l’armement lourd vers des technologies d’avenir indispensables à notre résilience énergétique et à notre souveraineté nationale.

Le Tour Athéna s’arrête aujourd’hui à Belfort, théâtre de l’un des épisodes les plus héroïques de la guerre franco-prussienne de 1870-1871, conflit majeur qui provoqua la chute du Second Empire, la naissance de la Troisième République et le basculement géopolitique de l’Europe.

À la fin de l’année 1870, alors que les armées françaises subissent de lourds revers, la place forte de Belfort se retrouve encerclée. Isolée, coupée du reste du pays et privée de tout ravitaillement, la cité subit une pression militaire constante et des bombardements prussiens intensifs. Face à cette situation désespérée, la défense s’organise avec une rigueur exceptionnelle sous le commandement du colonel Aristide Denfert-Rochereau. Surnommé plus tard « le Lion de Belfort », cet officier du génie met en place une stratégie défensive remarquable, s’appuyant sur l’extension extérieure des fortifications, une discipline de fer et un maintien constant du moral de la garnison et de la population civile.

Pendant 103 jours, malgré le froid, la faim et les destructions massives, Belfort refuse de capituler. La ville tient bon, infligeant des pertes à l’adversaire et devenant l’unique point de résistance victorieux du conflit. En février 1871, la garnison ne quitte la citadelle que sur ordre exprès du gouvernement français de l’Armistice, en sortant fièrement avec les honneurs de la guerre, ses armes et ses drapeaux. Cette ténacité exceptionnelle permettra à Belfort de rester française lors des négociations du traité de Francfort, alors que l’Alsace et la Moselle étaient annexées.

Pour commémorer cette résistance légendaire, le sculpteur Auguste Bartholdi (créateur de la Statue de la Liberté) réalise entre 1875 et 1880 le monumental Lion de Belfort. Sculpté directement dans la roche de grès rose au pied de la citadelle, ce chef-d’œuvre de 22 mètres de long et 11 mètres de haut incarne pour l’éternité la fierté, la force et le courage face à l’envahisseur.

Cette étape nous rappelle la réalité de la guerre de siège au XIXe siècle et la manière dont l’esprit de défense et l’union d’une population peuvent ériger une ville en symbole mémoriel national.

Le Tour Athéna s’arrête aujourd’hui sur un haut lieu de mémoire de la Grande Guerre en Alsace : le Hartmannswillerkopf (HWK), rebaptisé par les soldats français le « Vieil Armand ». Cette montagne vosgienne escarpée, dominant la plaine d’Alsace, constitua un point stratégique majeur du front, disputé avec acharnement par les armées française et allemande.

Au cœur de cette bataille terrible s’illustre un régiment d’élite : le 152e Régiment d’infanterie (152e RI). Implanté historiquement à Colmar, ce régiment acquiert une réputation de combativité exceptionnelle lors des affrontements de 1915, au point que ses adversaires allemands le surnomment les « Diables Rouges », une appellation fièrement conservée aujourd’hui.

L’année 1915 voit le Hartmannswillerkopf se transformer en un véritable enfer de feu et de sang. Pour contrôler ce sommet stratégique, le 152e RI mène et subit des vagues d’offensives successives. Les conditions de combat y sont d’une cruauté extrême : sur des pentes abruptes et rocheuses, sous un climat montagnard rude marqué par la neige et le froid glacial, les hommes se livrent à une guerre des tranchées rapprochée, où chaque mètre gagné se paye au prix de pertes humaines effroyables. La montagne, pilonnée par l’artillerie, est littéralement mise à nu et éventrée par les réseaux de galeries, d’abris et de barbelés.

Malgré ces conditions dantesques, les « Diables Rouges » font preuve d’une endurance et d’une abnégation légendaires, devenant le symbole du sacrifice des troupes d’infanterie en milieu montagneux.

Aujourd’hui, le Hartmannswillerkopf est l’un des quatre monuments nationaux de la Grande Guerre. Devenu un symbole fort de la réconciliation franco-allemande, le site abrite une nécropole nationale, un éperon fortifié préservé et un historial qui rappellent aux jeunes générations le prix de la paix et la valeur opérationnelle du 152e RI, toujours actif au service de la France.

Le Tour Athéna s’élève aujourd’hui jusqu’au plateau des Glières, en Haute-Savoie, un site de haute montagne devenu l’un des symboles les plus puissants de la Résistance intérieure française face à l’occupation nazie et au régime de collaboration de Vichy.

En 1944, la lutte clandestine contre l’occupant s’est profondément structurée sur l’ensemble du territoire national. Réunis sous l’égide du Conseil national de la Résistance, les différents réseaux unifient leurs actions militaires, de renseignement et de sabotage pour préparer le débarquement des Alliés. Dans les zones géographiques difficiles d’accès, se forment les maquis : des rassemblements de jeunes réfractaires au Service du travail obligatoire (STO) et de combattants volontaires bien décidés à prendre les armes.

Le plateau des Glières, vaste forteresse naturelle entourée de falaises, est choisi au début de l’année 1944 par l’Armée secrète pour une mission hautement stratégique : servir de base d’accueil pour des parachutages massifs d’armes et de munitions de la part des alliés britanniques, afin d’équiper les résistants de toute la région. Sous le commandement du lieutenant Tom Morel, puis du capitaine Anjot, près de 500 maquisards — de toutes origines politiques, mais aussi des républicains espagnols et des chasseurs alpins — s’y regroupent dans la discipline militaire, unis par une même devise : « Vivre libre ou mourir ».

En mars 1944, l’ennemi décide de briser ce symbole. Le maquis des Glières subit une attaque d’envergure menée par la Milice française, rejointe par d’importantes forces de l’armée allemande appuyées par l’aviation et l’artillerie lourdement équipées. Face à cette supériorité numérique et matérielle écrasante, les maquisards résistent avec courage avant de recevoir l’ordre de repli. Beaucoup perdront la vie lors de la retraite ou sous la répression féroce qui suivra.

Bien que l’issue militaire de la bataille ait été tragique, le sacrifice des Glières constitua une immense victoire morale. Il démontra aux Alliés la valeur, l’organisation et la détermination des forces intérieures françaises. Aujourd’hui, cet héritage et cette devise prestigieuse se perpétuent fièrement, puisqu’ils ont été adoptés par les soldats du 27e Bataillon de chasseurs alpins (27e BCA).

Le Tour Athéna fait étape aujourd’hui sur les rives du lac Léman, à Thonon-les-Bains, pour éclairer une curiosité mémorielle qui suscite depuis plus de deux siècles de fréquentes confusions : l’histoire de deux illustres généraux d’Empire aux noms presque identiques, mais aux destins bien différents : Louis Charles Antoine Desaix et Joseph-Marie Dessaix.

Louis Charles Antoine Desaix (écrit avec un seul « s ») est l’une des figures les plus éclatantes et légendaires des armées de la Révolution et du Consulat. Né en Auvergne, cet officier au génie tactique exceptionnel se distingue lors de la campagne d’Allemagne, avant de suivre Napoléon Bonaparte en Égypte, où sa droiture et son sens de la justice lui vaudront le surnom respectueux de « Juste Sultan ». Rappelé en Italie en 1800, il arrive in extremis sur le champ de bataille de Marengo. Sa charge fulgurante renverse le cours de l’histoire et sauve Bonaparte d’une défaite certaine, mais le général Desaix y est mortellement frappé d’une balle en plein cœur. Sa mort héroïque à 31 ans scelle son entrée dans l’Histoire et le panthéon des plus grands chefs militaires français.

Joseph Marie Dessaix (écrit avec deux « s ») possède une trajectoire plus ancrée dans la géographie régionale de notre étape. Né à Thonon-les-Bains, ce médecin de formation embrasse la carrière des armes avec ferveur lors de la Révolution. Il lève le fameux bataillon des Allobroges et s’illustre avec courage lors des campagnes d’Italie et d’Allemagne sous l’Empire, où Napoléon le surnommera « l’Intrépide » et le fera comte d’Empire. S’il survit aux guerres napoléoniennes et mène une brillante carrière nationale, son action reste profondément liée à la défense de son territoire savoyard, dont il commandera la garde nationale.

Cette seizième étape du Tour Athéna s’amuse de cette gémellité patronymique pour nous rappeler la richesse de notre patrimoine militaire : d’un côté, un stratège de premier plan entré dans la légende nationale ; de l’autre, un chef de guerre intrépide, héros de l’émancipation et de l’histoire régionale de la Savoie.

Dominant majestueusement la vallée de l’Isère, le fort de la Bastille à Grenoble constitue un exemple remarquable d’architecture fortifiée montagnarde, verrouillant historiquement les axes stratégiques alpins et protégeant les frontières du Dauphiné.

Si le site actuel a été remanié au XIXe siècle, ses origines militaires sont intimement liées à l’une des figures les plus puissantes de l’histoire de France : François de Bonne, duc de Lesdiguières. Chef de guerre exceptionnel du camp protestant (huguenot) pendant les sanglantes guerres de Religion, compagnon d’armes fidèle et ami proche du roi Henri IV, il s’impose par sa force et son sens politique comme le maître incontesté de la région.

Sa conversion solennelle au catholicisme en 1622 marque un tournant national majeur : le roi Louis XIII lui confère alors la plus haute dignité militaire de l’Ancien régime en le nommant connétable de France (chef suprême de toutes les armées royales). Lesdiguières restera à jamais le tout dernier homme à avoir porté ce titre prestigieux dans l’histoire de notre pays.

En tant que gouverneur du Dauphiné, Lesdiguières déploie une activité bâtisseuse monumentale pour fortifier sa province face aux menaces extérieures, notamment du duché de Savoie. C’est lui qui fait ériger les toutes premières fortifications de la Bastille sur le mont Rachais, entourant Grenoble d’une enceinte moderne et puissante. Il comprend avant tout le monde que la maîtrise des reliefs et le contrôle des cols alpins sont les clés de voûte de la sécurité du royaume.

Cette dix-septième étape du Tour Athéna met en lumière l’importance historique des fortifications de montagne et la mémoire d’un grand capitaine qui sut unifier l’art de la guerre et l’ingénierie pour défendre le territoire.

Le Tour Athéna fait aujourd’hui escale à Mont-Dauphin, un chef-d’œuvre architectural qui illustre le génie du plus grand ingénieur militaire de l’histoire de France : Sébastien Le Prestre de Vauban.

Sous le règne de Louis XIV, Vauban conçoit la politique de la « ceinture de fer », un réseau de places fortes modernisées destiné à fortifier les frontières du royaume et à rendre le territoire national inviolable. À la suite d’une invasion surprise des troupes du duché de Savoie dans les Alpes en 1692, Vauban est dépêché en urgence pour concevoir un plan de défense global pour la frontière des Alpes du Sud.

Le choix du site de Mont-Dauphin répond à un impératif géopolitique et topographique absolu : implantée sur un plateau rocheux désert dominant le confluent de la Durance et du Guil, la place forte verrouille les vallées alpines, contrôle les axes de circulation naturels et interdit toute velléité d’invasion venue d’Italie.

La forteresse incarne la perfection des théories de Vauban adaptées à la montagne : une architecture en étoile où chaque bastion couvre les angles morts des autres pour éliminer toute zone vulnérable ; des remparts en pierre de marbre rose de la région, épais et inclinés pour dissiper l’impact des tirs d’artillerie ; une intégration totale au relief, utilisant les escarpements des falaises naturelles comme des murailles défensives supplémentaires.

Au-delà de son rôle de garnison et de base logistique, la simple présence de Mont-Dauphin offrait une fonction dissuasive majeure, évitant au royaume de nouveaux conflits dans la région. Préservé de manière exceptionnelle et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, Mont-Dauphin témoigne de l’importance de la fortification bastionnée dans la sanctuarisation du territoire.

Le Tour Athéna s’enfonce aujourd’hui au cœur des glaciers et des sommets alpins pour découvrir la 27e Brigade d’infanterie de montagne (27e BIM), l’une des unités les plus spécialisées et exigeantes de l’armée de Terre française.

Cette brigade unique regroupe des régiments d’élite prestigieux, parmi lesquels le 7e et le 13e Bataillons de chasseurs alpins (BCA), ainsi que le 93e Régiment d’artillerie de montagne (RAM). Leur cadre d’action ? Le milieu montagnard et les environnements extrêmes, là où la nature elle-même devient un adversaire redoutable. Les soldats de la 27e BIM sont entraînés à intervenir dans des conditions de rusticité absolue : très haute altitude, froid polaire, tempêtes de neige, reliefs escarpés et isolement logistique.

Évoluer et combattre dans un tel milieu impose une préparation physique exceptionnelle, une maîtrise parfaite des techniques d’alpinisme et de ski, mais aussi un équipement de pointe hautement technique indispensable à la survie collective et individuelle.

La 27e BIM est l’héritière d’une grande tradition née à la fin du XIXe siècle avec la création des premières troupes alpines, levées spécifiquement pour défendre les frontières naturelles du pays. Elle cultive des valeurs profondément ancrées : l’« esprit de cordée », la solidarité face au danger, l’humilité devant la montagne, et l’audace tactique.

Aujourd’hui, ces « Soldats des cimes » mettent leur savoir-faire unique au service des opérations modernes de la France, démontrant que la maîtrise des milieux hostiles reste un atout stratégique majeur pour nos forces armées.

Pour cette avant-dernière étape, le Tour Athéna s’attaque au mythe des 21 virages de l’Alpe d’Huez pour mettre en lumière une page insolite et méconnue de notre histoire militaire : l’épopée des chasseurs cyclistes.

Au début du XXe siècle, alors que les armées européennes cherchent à accroître la vitesse de leurs troupes sans dépendre exclusivement des chevaux ou du chemin de fer, l’armée française innove en créant des compagnies de chasseurs cyclistes. Rattachés aux prestigieux bataillons de chasseurs à pied, ces soldats utilisent la bicyclette comme un véritable outil tactique. Grâce à l’utilisation de vélos pliants révolutionnaires (le modèle du capitaine Gérard, transportable sur le dos), ces unités mobiles peuvent se déplacer rapidement sur de longues distances, surprendre l’adversaire et engager le combat à pied immédiatement.

À la veille de la Première Guerre mondiale, ces unités mobiles incarnent la modernité. Pendant le conflit de 1914-1918, les chasseurs cyclistes s’illustrent de manière remarquable, en particulier lors des phases de mouvement. Leurs missions sont hautement périlleuses : mener des reconnaissances audacieuses à l’avant-garde pour éclairer le terrain ; assurer les liaisons vitales et les transmissions rapides d’ordres entre les états-majors et les lignes de front ; réaliser des raids de harcèlement et tenir des points stratégiques en attendant les renforts.

Leur agilité et leur discrétion en font un atout précieux dans un environnement chaotique où la vitesse de l’information est cruciale.

Après 1918, face au développement fulgurant de la motorisation, des motos, des camions civils militarisés et des premiers véhicules blindés, l’utilisation tactique du vélo décline puis disparaît progressivement des doctrines de combat. Les chasseurs cyclistes restent cependant dans la mémoire militaire comme le symbole fascinant d’une transition technologique majeure entre la force animale et l’ère mécanique.

Pour cette ultime et prestigieuse étape du Tour Athéna, notre grand parcours estival s’achève au cœur de la capitale, dans un lieu hautement sacré et institutionnel : la cour d’honneur de l’École militaire, à Paris. Fondé au XVIIIe siècle sous Louis XV, ce monument majestueux reste aujourd’hui le centre névralgique de la formation militaire supérieure, de la réflexion doctrinale et de la diffusion de la culture de défense en France.

Cette arrivée en apothéose s’inscrit dans une temporalité mémorielle exceptionnelle. En effet, l’année 2026 marque la convergence d’anniversaires et de jalons historiques majeurs pour les plus grandes institutions de notre modèle de défense, qui y célèbrent leur pérennité et leur modernisation permanente :

  • Les 400 ans de la Marine nationale : créée en 1626 sous l’impulsion de Richelieu, quatre siècles d’une histoire navale glorieuse au service de la souveraineté, marquée aujourd’hui par la maîtrise des espaces maritimes, l’excellence de la dissuasion océanique et un engagement opérationnel permanent sur toutes les mers du globe.

 

  • Les 275 ans de l’École militaire : créée par un édit de Louis XV en janvier 1751, cette première structure française de formation des officiers puise son origine dans les difficultés de la guerre de Succession d’Autriche, remportée trois ans plus tôt. Son initiateur, le maréchal de Saxe, parvient à convaincre le souverain grâce à l’appui de la marquise de Pompadour, favorite royale, les fonds étant apportés par le financier Joseph Pâris Duverney. L’architecture est confiée à Ange-Jacques Gabriel, qui signe aussi la place de la Concorde.

 

  • Les 150 ans de l’École de guerre : héritière directe de l’École supérieure de guerre fondée en 1876 au lendemain de la guerre franco-prussienne, l’institution est née de la volonté de doter la France d’officiers d’état-major hautement qualifiés. Devenue le Collège interarmées de défense avant de reprendre son nom historique en 2011, l’École de guerre forme depuis un siècle et demi les futurs chefs militaires aux responsabilités interarmées les plus complexes.

 

  • Les 115 ans du Centre des hautes études militaires (CHEM) : créé en 1911 sous l’impulsion du général Ferdinand Foch, le CHEM prépare depuis plus d’un siècle les colonels, capitaines de vaisseau et commissaires de premier plan aux responsabilités de commandement stratégique au plus haut niveau de l’armée et de l’État.

 

  •  Les 90 ans de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) : créé en 1936 sous le nom de Collège des hautes études de défense nationale, l’Institut célèbre près d’un siècle d’engagement unique au service du décloisonnement et du rayonnement de l’esprit de défense, réunissant auditeurs civils et militaires pour penser les crises de demain.

 

L’École militaire ne se contente pas d’être un joyau architectural : elle incarne le lien indéfectible entre le savoir académique, la prospective intellectuelle et la réalité opérationnelle des forces engagées sur le terrain. C’est ici, dans ce temple de la réflexion stratégique, que s’articulent les doctrines qui garantissent la sécurité et la résilience de notre pays face aux menaces du monde contemporain.

En refermant ce Tour Athéna en 21 étapes, nous mesurons que comprendre la défense, ce n’est pas seulement observer les matériels, c’est d’abord appréhender l’histoire, les institutions, la mémoire et les écoles de pensée qui façonnent l’identité et l’avenir de la nation.

Merci à toutes et à tous d’avoir suivi avec ferveur cette magnifique boucle estivale de la culture de défense avec « Athéna à la plage » !