Rapports de comité de la session nationale : diplomatie coercitive, souveraineté industrielle, dissuasion nucléaire avancée…

Publié le :

19 juin 2026
Alors que la 5e session nationale de l’IHEDN vient de clôturer ses travaux, nous proposons des résumés des travaux de comité des auditeurs de ses cinq majeures, qui ont travaillé sur le thème annuel des « opportunités stratégiques ». Ces rapports ont vocation à alimenter la réflexion des autorités publiques.
Image d'une restitution de travail de comité
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Avec les conférences-débats et les missions d’étude, les travaux de comité constituent l’un des piliers du triptyque pédagogique sur lequel se fonde la formation de l’IHEDN, quelle que soit la session.

À l’époque du Collège des hautes études de défense nationale en 1936, chaque auditeur rendait un rapport individuel ; c’est depuis sa renaissance sous le nom d’Institut des hautes études de défense nationale en 1948 que les auditeurs travaillent en groupe rassemblant divers profils (civils des secteurs public et privé, militaires, parlementaires…)

Depuis 1936, les meilleurs rapports produits dans ce cadre ont vocation à alimenter la réflexion des autorités publiques. Dans cette perspective, les auditeurs sont invités à élaborer une stratégie pour la France dans un domaine spécifique : ils formulent un objectif stratégique clair, suivent une analyse prospective qui aboutit à des recommandations opérationnelles.

Ils le font depuis un point de vue spécifique, celui de l’État français : une attention soutenue doit être apportée aux modalités de l’action de l’État. Les sujets proposés aux comités s’articulent autour du thème d’étude annuel de la 5e session nationale de l’IHEDN, « Opportunités stratégiques ». Déclinés en quatre sous-thèmes transverses (alliances et partenariats, souveraineté industrielle et technologique, moyens et organisations, et résilience et cohésion nationale), puis problématisés au sein de chaque comité, ils permettent de poser les bases d’une stratégie générale.

La réflexion sur la stratégie est ainsi placée au cœur du travail collégial mené dans le cadre des comités. Définie par l’historien britannique Lawrence Freedman comme « l’art de créer de la puissance », la stratégie traduit l’articulation entre les objectifs et les moyens en vue de tirer le meilleur parti d’une situation complexe.

La stratégie combine trois dialectiques :

  • la temporalité de l’action, entre présent et avenir ;
  • l’affrontement des volontés entre les acteurs ;
  • l’emploi des moyens (humains, matériels, financiers…).

 

À l’IHEDN, la stratégie est plus précisément définie comme l’art de combiner dans le temps des actions de natures différentes pour atteindre un objectif politique avec des ressources limitées dans un contexte de compétition ou de conflit.

Par essence, la stratégie est mouvante et étroitement liée au contexte dans lequel elle est élaborée. Ce n’est ni un simple plan d’action ni un dogme. Dans son Introduction à la stratégie publiée en 1963, le général André Beaufre pose ainsi d’emblée qu’il s’agit d’une véritable « méthode de pensée permettant de classer et de hiérarchiser les événements, puis de choisir les procédés les plus efficaces ».

Quelques jours après la clôture de la 5e session nationale de l’IHEDN, nous proposons ci-dessous le résumé exécutif d’un rapport de comité pour chacune des cinq majeures et, en fin d’article, un lien vers des résumés plus succincts de l’ensemble des 23 rapports de comités de cette session.

MAJEURE ARMEMENT ET ÉCONOMIE DE DÉFENSE : LA DISSUASION NUCLÉAIRE AVANCÉE

Le comité 1 de la majeure AED a travaillé sur la question « Quelle stratégie la France devrait-elle adopter dans le domaine de la dissuasion à l’échelle européenne ? »

La dissuasion nucléaire est un pilier fondamental de la défense nationale et la garantie ultime de la protection des intérêts vitaux de la nation. Fondée sur une crédibilité politique, technique et opérationnelle, la dissuasion française a historiquement permis à la France de préserver son autonomie stratégique tout en contribuant à la stabilité du continent européen. Toutefois, la dégradation du contexte international, marquée par le retour de la guerre de haute intensité en Europe, la persistance de la menace russe, les incertitudes entourant l’engagement américain et la montée des dynamiques de prolifération nucléaire, conduit aujourd’hui à repenser la dimension européenne de cette posture.

Dans ce contexte, le comité a cherché à nourrir la réflexion sur l’opérationnalisation de la stratégie de « dissuasion avancée », introduite par le président de la République en mars 2026. Cette stratégie vise à renforcer la contribution de la France à la sécurité européenne en approfondissant la coopération avec ses partenaires sur les enjeux de dissuasion, tout en préservant le principe intangible de souveraineté nationale sur l’emploi de l’arme nucléaire.

Le comité préconise de structurer des dialogues stratégiques bilatéraux avec les partenaires européens afin de développer une culture commune de la dissuasion et de renforcer la compréhension partagée des menaces. Il recommande également d’ouvrir progressivement certains exercices nucléaires français aux alliés volontaires, dans une logique d’acculturation, de confiance mutuelle et de démonstration de crédibilité vis-à-vis des compétiteurs stratégiques.

Il est également proposé de bâtir un véritable pilier conventionnel européen capable d’épauler la dissuasion française à travers des investissements coordonnés dans les domaines de la défense antimissile, du renseignement, de la mobilité militaire, du cyber, ainsi que des capacités de frappe dans la profondeur. Cette coopération renforcée doit toutefois s’inscrire dans le respect absolu de la souveraineté française sur sa force de dissuasion.

Parallèlement, face à l’intensification des campagnes de désinformation et des opérations d’influence, le comité recommande de sanctuariser le soutien démocratique à la dissuasion par le développement d’une culture stratégique partagée auprès des citoyens, des décideurs et des relais d’opinion. L’efficacité de la posture de dissuasion repose en effet autant sur ses capacités militaires que sur son acceptabilité politique et sociétale.

Enfin, le comité propose de renforcer la crédibilité de l’archipélisation des forces stratégiques françaises en Europe. La dispersion maîtrisée de certains moyens militaires sur le territoire de partenaires volontaires contribuerait à la fois à la réassurance des alliés, à la complexification du calcul adverse et à une meilleure prise en compte de la dimension européenne des intérêts vitaux français.

MAJEURE DÉFENSE ET SÉCURITÉ ÉCONOMIQUES : ARSENALISER NOS ATOUTS

Le comité 2 de la majeure DSE a travaillé sur la question : « Souveraineté industrielle et technologique : quelles stratégies offensives d’arsenalisation des dépendances l’Union européenne peut-elle déployer pour opérationnaliser une forme de dissuasion économique ? »

Trop longtemps, l’Europe a cru que l’interdépendance garantissait la paix. Résultat : elle a accumulé des dépendances économiques, offert ses marchés, bradé son savoir-faire. La Chine a verrouillé les terres rares. Les États-Unis ont fait du dollar une arme. Le gaz russe ne coule plus. L’Europe, elle, regardait ailleurs. Ce temps est révolu. Le diagnostic est sans appel. Farrell et Newman l’ont théorisé dès 2019 : dans tout réseau mondial, celui qui tient les « choke points », les verrous, dicte ses conditions. Washington le fait avec son droit extraterritorial. Pékin contrôle 85 % du raffinage des terres rares et impose ses conditions. Les GAFAM ont transformé les économies européennes en colonies numériques. L’Europe, elle, est restée sur une posture défensive.

Pourtant, l’Europe est une combattante qui s’ignore. Elle dispose d’un marché de 450 millions de consommateurs parmi les plus riches du monde. Elle fabrique les normes planétaires, « l’effet Bruxelles » s’impose de facto à quiconque veut y vendre. Elle occupe une place forte dans l’aéronautique civil, le nucléaire, le luxe, la chimie de spécialité. Copernicus, sa constellation satellitaire agricole, est offerte en open data à ses concurrents sans la moindre contrepartie. Chaque année, 300 milliards d’euros d’épargne européenne partent financer ses rivaux stratégiques. Ces asymétries ne peuvent perdurer sans être sérieusement interrogées. Il faut arsenaliser nos atouts, c’est-à-dire les exploiter à notre avantage là où ils peuvent induire une dépendance et donc une vulnérabilité. Les asymétries deviennent alors des outils de puissance.

La stratégie proposée est une rupture, dans laquelle la France doit jouer la meneuse en Europe. Il s’agit de montrer à nos voisins quels outils peuvent être utilisés, inciter le continent à se les approprier. Il s’agit aussi de les établir comme des instruments courants et graduables de régulation des relations internationales, et non comme des vecteurs tellement dissuasifs qu’ils perdent leur crédibilité.

Nous proposons six instruments offensifs, avec des effets escomptés d’ici 2035 :

  • MIGA transforme le marché intérieur en arme de coercition géopolitique, conditionne l’accès aux 450 millions de consommateurs et dote l’UE d’un procureur de guerre économique.
  • CEASE soumet l’export de nos actifs immatériels (brevets, algorithmes, savoir-faire) à un veto d’État : finis les transferts sans contrepartie géopolitique.
  • PASE fabrique des interdépendances asymétriques avec des partenaires choisis (Canada, Japon, Golfe, Inde) pour organiser collectivement des dépendances.
  • GREEN impose les standards européens de décarbonation comme passage obligé planétaire.
  • AGRO vise à faire de l’Europe ce que la Chine est aux terres rares : un monopole technologique et semencier.
  • KILL SWITCH met en place une arme de dissuasion numérique.

 

L’ensemble de ces instruments vise à doter l’Europe d’une capacité crédible d’arsenalisation fondée sur la réciprocité et la maîtrise des dépendances.

Cette stratégie exige du courage politique. Activer ces leviers, c’est accepter des représailles. C’est allonger des délais, perdre des contrats, froisser des partenaires. Au sein de l’Union, c’est aussi assumer des mécanismes de compensation entre États membres pour que l’unité des Vingt-Sept tienne sous les coups. Aucune doctrine offensive ne sera crédible sans un récit commun capable d’embarquer les opinions publiques européennes. Dans un monde brutalisé, la faiblesse attire les prédateurs. L’Europe doit sortir de la passivité, montrer sa détermination et faire comprendre qu’elle saura répondre coup pour coup, en assumant le risque et partageant le coût.

MAJEURE ENJEUX ET STRATÉGIES MARITIMES : LA STRATÉGIE « RESSAC » FACE AUX MENACES HYBRIDES MARITIMES

Le comité 3 de la majeure ESM a travaillé sur la question « Afin de tirer profit des changements géopolitiques actuels et de pouvoir protéger notre souveraineté sur les espaces maritimes, comment adapter notre stratégie maritime pour contrer les menaces hybrides menées par des acteurs étatiques (dark fleet, flotte de pêche INN, trafics en tous genres, lutte informationnelle) ? »

La protection des espaces maritimes français constitue un défi aussi vaste que complexe. Avec une Zone économique exclusive (ZEE) de 11 millions de km², dont 97 % se situent outre-mer, la France possède un territoire éclaté et difficile à surveiller. Parallèlement, la Revue nationale stratégique identifie une prolifération de menaces « hybrides » et protéiformes qui ciblent prioritairement le domaine maritime. Ces attaques se déploient dans cinq champs majeurs : le cyber, la manipulation de l’information, l’arsenalisation du droit, l’économie, ainsi que les opérations militaires, spatiales et les infrastructures.

La définition de la stratégie française repose sur le constat de deux variables critiques :

  • L’axe russo-chinois : leurs actions hybrides croissantes, qu’elles soient coordonnées ou non, portent directement atteinte à la souveraineté maritime française ainsi qu’à ses piliers démocratiques et économiques.
  • L’effritement de l’ordre international : le droit international recule face au droit de la force, et les alliances traditionnelles montrent leurs limites. Cette réalité impose à la France de renforcer d’urgence son autonomie stratégique.

 

Face à l’exposition critique des territoires d’outre-mer, l’objectif politique absolu est de garantir l’intégrité des espaces maritimes. Sur le plan stratégique, la France ambitionne, d’ici vingt ans, d’être capable de détecter, attribuer, prévenir et contrer toute menace hybride affectant ses flux, ses infrastructures et ses intérêts en haute mer.

Pour y parvenir, le comité propose de mettre en place la stratégie « RESSAC ». Symbolisant le retour violent d’une vague contre un obstacle, elle vise à repousser les attaques et à imposer un coût dissuasif aux adversaires.

Elle s’articule autour de six recommandations pour instaurer une « défense totale » :

  • Mieux connaître : renforcer la maîtrise, le partage et l’exploitation des données maritimes de la France
  • Décider plus vite : consolider la gouvernance autour de l’action de l’État en mer (AEM)
  • Travailler sur la résilience économique du pays : élargir et « maritimiser » le réseau des OIV pour constituer un cluster maritime opérationnel
  • Sensibiliser la nation : réorienter une partie des campagnes de communication gouvernementales afin de cultiver l’esprit de défense et l’esprit marin
  • Imposer un coût dissuasif à l’agresseur, au travers de la fermeture de l’accès aux marchés publics français et européens
  • Décliner cet arsenal de défense globale au niveau de l’archipel ultramarin.

 

Bien qu’elle s’inscrive dans le temps long, la stratégie RESSAC prévoit des effets tangibles dès 2027/2028, sous réserve de décisions immédiates.

Pensé dans un cadre budgétaire contraint, le plan propose des arbitrages financiers raisonnables pour rester soutenable. Enfin, l’efficacité de cette riposte repose sur un sursaut culturel : recréer un lien solide entre la terre, la mer et les citoyens afin de susciter une véritable prise de conscience de l’identité maritime de la France. L’année 2026, marquant les 400 ans de la Marine, est désignée comme le moment opportun pour amorcer cette transition.

MAJEURE POLITIQUE DE DÉFENSE : LA DIPLOMATIE COERCITIVE

Le comité 2 de la majeure POLDEF a travaillé sur la question « Les démonstrations de puissance d’Israël et des États-Unis au Moyen-Orient, au printemps 2025, peuvent être lues comme un renouveau de la diplomatie coercitive, par l’emploi de la puissance militaire aérospatiale. Les capacités et le savoir-faire en la matière de la France ont été mobilisés par le passé. Quelle stratégie la France doit-elle adopter pour en saisir les opportunités ?

Dans un environnement marqué par la brutalisation des rapports de force, la banalisation des actions sous le seuil des conflits armés et l’affaiblissement des cadres multilatéraux, le comité 2 s’est attaché à définir la stratégie que la France devrait adopter face à des compétiteurs ayant pleinement intégré la coercition à leurs modes d’action ordinaires.

La diplomatie coercitive – usage coordonné de moyens de pression diplomatiques, économiques, militaires, informationnels et juridiques pour produire un effet politique durable sans affrontement armé généralisé – est désormais pratiquée par toutes les puissances majeures. La Russie combine sabotages, désinformation et chantage énergétique ; la Chine mobilise les dépendances économiques et technologiques tout en intensifiant sa pression militaire dans l’Indopacifique ; y compris à l’égard de leurs alliés, les États-Unis exercent une capacité coercitive globale décomplexée dans tous les domaines.

Le comité a conduit une analyse SWOT de la position française : des atouts réels – dissuasion nucléaire, siège permanent au Conseil de sécurité, Base industrielle et technologique de défense (BITD) de rang mondial, réseau diplomatique mondial – mais des vulnérabilités sérieuses : dépendances technologiques et énergétiques, capacités conventionnelles sous tension, polarisation politique intérieure exploitable par des acteurs étrangers.

Deux stratégies ont été confrontées à deux scénarios à l’horizon 2035. Le comité écarte « contenir les effets de la coercition », logique défensive insuffisante face à des compétiteurs offensifs, et retient « combattre sur le terrain de la coercition » : une fermeté maîtrisée permettant d’imposer des coûts aux compétiteurs et de reprendre l’initiative dans les zones grises.

Cinq recommandations opérationnelles déclinent cette ambition :

  • Diplomatiquement, bâtir une doctrine d’alliances sélectives et transactionnelles autour de pays pivots en Europe et au Moyen-Orient, transformant nos partenaires en relais d’influence actifs.
  • Sur le plan économique, instaurer une préférence européenne dans les marchés publics pour les secteurs critiques : cloud, énergie, santé, semi-conducteurs.
  • Militairement, créer sous leadership français des groupes aéromaritimes modulaires européens articulés autour d’un porte-hélicoptères amphibie interallié dronisé.
  • Sur le volet social, des journées nationales de préparation aux crises et l’introduction dès le collège d’une culture de défense et de géostratégie.
  • Sur le plan informationnel, se doter de capacités d’attribution publique et de riposte proportionnée pour rendre coûteuses les campagnes hostiles.

 

La coercition n’est pas l’ennemie de la diplomatie : elle en est désormais la condition de crédibilité dans un monde durablement conflictuel.

MAJEURE SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE ET CYBERSÉCURITÉ : VERS UNE AUTONOMIE STRATÉGIQUE NUMÉRIQUE DE L’ÉTAT

Le comité 3 de la majeure SNC a travaillé sur la question « quelle stratégie la France devrait-elle adopter pour accélérer la transformation numérique de son administration face aux attentes des industriels et des citoyens et face à l’évolution des modes de conflictualité ? »

Depuis le début des années 2000, l’État français a multiplié les réformes destinées à moderniser son administration grâce au numérique. Fondées sur la dématérialisation des démarches et la simplification des services publics, ces politiques ont conduit à de nombreux projets informatiques et transformations organisationnelles. Malgré des progrès réels, les résultats demeurent inégaux. La succession de réformes aux priorités changeantes, l’instabilité des modes de gouvernance et la contrainte budgétaire ont souvent freiné la cohérence de l’action publique numérique.

Le rapport du comité 3 analyse cette situation à la lumière d’un contexte international profondément transformé. Depuis la guerre en Ukraine, les tensions géopolitiques se sont accentuées et le numérique est devenu un enjeu central de souveraineté. Les États-Unis et la Chine disposent d’un avantage stratégique dans des domaines clés tels que l’intelligence artificielle, le cloud, le quantique, la robotique ou les composants électroniques. Dans le même temps, les administrations publiques sont devenues des cibles privilégiées d’actions d’influence, d’espionnage ou de déstabilisation.

Pour répondre à ces défis, les auteurs de ce rapport ont mené un exercice prospectif fondé sur deux variables : l’évolution des menaces géopolitiques et le rythme des ruptures technologiques. Deux scénarios ont été étudiés. Le premier envisage un retour à un environnement plus stable après une période de fortes turbulences. Le second anticipe au contraire une aggravation durable des tensions, conduisant à un affaiblissement stratégique de l’Europe et à une dépendance accrue envers les puissances étrangères.

À partir de cette analyse, le rapport propose une stratégie de long terme visant à renforcer l’autonomie stratégique numérique de la France. L’objectif est de garantir des services publics essentiels, sécurisés et résilients, tout en réduisant leur dépendance aux technologies extra-européennes. Cette ambition repose sur une gouvernance renforcée, capable de concentrer les moyens sur les projets prioritaires et les technologies de rupture.

Le rapport souligne également la nécessité d’associer l’ensemble des acteurs de la nation à cette transformation. Citoyens, administrations, entreprises et monde de la recherche sont appelés à contribuer à l’émergence d’un « cœur de confiance numérique » français fondé sur des solutions maîtrisées et souveraines.

Enfin, cinq recommandations structurent cette stratégie :

  • renforcer la gouvernance du numérique de l’État ;
  • associer davantage les citoyens à la conception des services publics ;
  • consolider les capacités technologiques nationales ;
  • intégrer la révolution robotique dans la transformation de l’administration ;
  • et développer des partenariats nationaux et européens afin de faire émerger des solutions numériques de confiance, compétitives et maîtrisées.