L’amphithéâtre Foch a accueilli aujourd’hui les 291 auditeurs de cette nouvelle promotion 2026-2027. Venus d’horizons et de secteurs variés — civils et militaires, parlementaires, journalistes, enseignants, dirigeants d’entreprise ou représentants du culte… ils se retrouvent pour une année de formation, de réflexion et d’échanges autour des grands enjeux de défense, de sécurité et de souveraineté.
Le général de corps d’armée Hervé de Courrèges, directeur de l’IHEDN, a ouvert cette journée en rappelant les objectifs et missions de l’institut qui caractérisent cette formation depuis maintenant 90 ans.
Il a également présenté le thème d’étude de cette année : « La solidarité stratégique », qui guidera leurs réflexions tout au long de l’année.
Pourquoi « La solidarité stratégique » comme thème de cette session ?
Dans un environnement international marqué par les conflits, les recompositions géopolitiques et l’affaiblissement des cadres multilatéraux, la France doit repenser la manière dont elle coopère avec ses partenaires et mobilise ses propres forces. La solidarité stratégique désigne cette capacité à agir collectivement pour défendre des intérêts, des biens et une sécurité commune. Elle ne se joue pas uniquement à l’échelle internationale : elle repose aussi sur la cohérence de nos institutions, notre souveraineté industrielle et technologique et la résilience de notre société.
Au cours de l’année, les auditeurs exploreront cette notion à travers quatre axes de réflexion :
- Recomposition internationale : alliances, partenariats et autonomie stratégique.
- Moyens, organisations et ressources : coordination des acteurs publics et privés au service de la défense et de la sécurité.
- Industries et technologies : souveraineté, innovation et maîtrise des technologies critiques.
- Résilience et cohésion nationale : mobilisation des citoyens et renforcement d’une culture collective de défense et de sécurité.
Quatre axes étroitement liés pour une même question : comment agir collectivement et efficacement dans un monde de plus en plus incertain ? Une problématique à laquelle les auditeurs devront répondre dans chacun de leur rapport de comité de fin d’année.
Un programme bien rempli pour cette rentrée
La rentrée s’est poursuivie avec l’intervention de l’ambassadeur de France Pierre Lévy, président du conseil d’administration de l’IHEDN, venu présenter le conseil d’administration de l’IHEDN. À cette occasion, il est revenu sur le rôle de cette instance, ses missions et ses objectifs, ainsi que sur la place qu’elle occupe dans la gouvernance et les orientations stratégiques de l’Institut.
Le préfet Nicolas Basselier, directeur adjoint de l’Institut, a ensuite dressé le portrait de cette nouvelle promotion. Pour la troisième année consécutive, la session nationale a enregistré une hausse du nombre de candidatures, permettant de renforcer la sélection des auditeurs qui la composent.
Cette 6e session nationale réunit ainsi 291 auditeurs issus d’horizons professionnels et institutionnels variés, parmi lesquels 7 auditeurs venus des territoires ultramarins, 10 parlementaires et 32 auditeurs du Centre des hautes études militaires (CHEM), dont 7 étrangers.
Une diversité de profils qui constitue l’une des richesses de la session nationale et favorise, tout au long de l’année, le croisement des expériences, des expertises et des regards sur les enjeux de défense et de sécurité.
Les auditeurs ont ensuite découvert l’Académie de défense de l’École militaire (ACADEM), dont l’IHEDN fait partie aux côtés de 20 autres organismes. Cette structure a pour vocation le développement et le rayonnement de la formation, de la recherche et de la doctrine françaises en matière de défense et de sécurité. Un écosystème sur lequel les auditeurs pourront s’appuyer tout au long de l’année.
La présentation de la session nationale s’est poursuivie avec l’ingénieure générale de l’armement Caroline Salahun, chef du département de la session nationale. Elle a détaillé l’organisation de cette formation, basée sur un socle commun et cinq majeures, afin de mieux répondre à « l’interdépendance des enjeux globaux ».
Les cinq chefs de majeure l’ont ensuite rejointe pour présenter leurs équipes, leurs parcours et les spécificités de leurs domaines respectifs. Ils ont également expliqué les liens entre ces différents périmètres et leur articulation avec le thème annuel, « La solidarité stratégique ».
Ce thème a été approfondi par la docteure Zivile Kalibataite, chef du département des études et de la recherche (DER), qui accompagnera les auditeurs avec son équipe tout au long de leur formation afin de veiller à la cohérence de la démarche pédagogique.
Alexia Graff, directrice du département des relations institutionnelles et de la communication (DRIC), a ensuite présenté le rôle du DRIC auprès des auditeurs : leur fournir des ressources complémentaires pour nourrir leurs réflexions et les accompagner dans leurs pratiques numériques. Elle a notamment rappelé que les contenus produits par l’Institut (analyses, interviews et décryptages stratégiques) constituent des outils de veille et de travail sur lesquels les auditeurs sont invités à s’appuyer tout au long de leur parcours, pour finir sur l’importance d’une communication responsable des auditeurs sur chacune de leur plateforme, respectant une posture conforme aux valeurs de l’IHEDN : neutralité, exemplarité et courtoisie.
La journée s’est poursuivie avec une après-midi de conférences :
- Thomas Gomart, directeur de l’Ifri, a ouvert cette séquence avec une intervention consacrée au « Panorama du monde contemporain », permettant aux auditeurs de replacer leur année de réflexion dans le contexte stratégique actuel.
- Le docteur Philippe Vial, historien et professeur au Centre des hautes études militaires (CHEM), a ensuite livré une analyse du « Concept de défense nationale ». Enfin, Nicolas Roche, secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) est venu expliquer comment la Revue nationale stratégique de 2025 se décline concrètement dans les politiques de sécurité françaises, notamment face aux menaces hybrides.
Une première immersion au sein des forces armées françaises
Dès le lendemain, les auditeurs ont vécu leur première immersion sur le terrain au sein de différents sites emblématiques des forces armées, en fonction de leur majeure : –
- La majeure Politique de défense au Centre national d’entraînement commando de Collioure (Pyrénées-Orientales),
- Les majeures Défense et sécurité économiques (DSE) et Souveraineté numérique & cybersécurité (SNC) auprès du 13ᵉ bataillon de chasseurs alpins à Tignes (Savoie) puis sur le site du Commissariat à l’énergie atomique à Grenoble (Isère),
- Et les majeures Armement et économie de défense (AED) et Enjeux et stratégies maritimes (ESM) au 3e Régiment d’infanterie de marine au fort de Penthièvre (Morbihan).
Au programme : immersion au sein des unités, découverte des missions et des savoir-faire , ateliers et mises en situation, présentation des équipements et matériels de dernière génération et échanges privilégies avec les femmes et les hommes engagés au service de la défense de notre pays
Bien plus qu’une simple visite, ces déplacements ont permis aux auditeurs de confronter pour la première fois les enseignements théoriques à la réalité du terrain, de mieux comprendre les enjeux opérationnels actuels et de partager le quotidien de celles et ceux qui servent la France.
















