Félicitations à nos lauréats :
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- Prix de thèse (3 500 €) :
Dr Sophia MAHROUG, La Défense sacrée des Gardiens de la Révolution islamique d’après les sources numériques : de la guerre Iran-Irak à la « guerre douce » (1981-2024), Sorbonne-Université et Université du Luxembourg.
Sophia Mahroug analyse comment la mémoire de la guerre Iran-Irak structure la légitimation politique et militaire du Corps des Gardiens de la Révolution islamique. Elle montre comment cette « Défense sacrée » irrigue historiographie, économie mémorielle et doctrine de sécurité, tout en influençant la stratégie régionale actuelle de l’Iran.
- Prix de mémoire (1 500 € chacun, ex æquo) :
- Nathan HOURCADE, Les relations diplomatiques entre la France et l’Ukraine en tant que nouvel acteur international au sortir de l’URSS (1985-2005), Université Paris Cité.
Nathan Hourcade retrace l’évolution des relations franco-ukrainiennes, du contexte soviétique à la Révolution Orange. Il met en évidence la prudence stratégique française, les coopérations structurantes et le rôle géopolitique de l’Ukraine entre Russie, UE et OTAN.
- Pierre-Nicolas NABET, L’impact de la cyberguerre stratégique : une réévaluation de la doctrine cyber américaine à l’aune de la guerre russo-ukrainienne, Sciences Po Paris et King’s College London.
Pierre-Nicolas Nabet envisage la doctrine cyber américaine à la lumière du conflit en Ukraine. Il souligne les limites de la coercition cyber, l’importance des partenariats public-privé et la nécessité d’intégrer davantage le cyber aux niveaux tactique et opérationnel.
- Prix spécial (1 000 €) :
Dr Camille ESCUDÉ, Une géopolitique du Conseil de l’Arctique : quand le politique (dé)fait l’espace géographique, chapitre publié dans L’Arctique dans le système international (Presses Universitaires du Québec, 2024).
Camille Escudé explore la gouvernance arctique et montre comment rivalités géopolitiques, acteurs locaux et discours cartographiques transforment cet espace.
À l’issue de la cérémonie, nos quatre lauréats ont accepté de répondre à nos questions : leurs motivations, leurs méthodes, leurs perspectives… Retrouvez leurs témoignages.
POURQUOI AVOIR PARTICIPé ?
- Parce que l’IHEDN est un institut reconnu, qui compte en matière de réflexion, d’études stratégiques; y compris non-universitaires .
Sophia Mahroug - Parce que j’ai toujours été attiré par le monde militaire, et participer au prix est pour moi une manière, en tant que civil, de servir mon pays.
Nathan Hourcade
- Parce qu’il est essentiel de diffuser ses travaux dans le cercle académique pour contribuer à la réflexion stratégique et au débat public en France.
Pierre-Nicolas Nabet
- Parce que la reconnaissance est rare dans le parcours d’un chercheur, ce prix permet cela, d’encourager la recherche et de créer des ponts entre les décideurs et le monde académique.
Camille Escudé
POURQUOI CE SUJET ?
- Tout est parti d’une expérience personnelle et d’une passion pour le Moyen-Orient, et l’Iran où j’ai voyagé plusieurs fois.
J’ai réalisé que de nombreux aspects culturels étaient liés aux Gardiens de la Révolution.
En tant que chercheuse, cela me permet de chercher à par d’autres voies.
Sophia Mahroug - Je suis entré dans l’histoire de l’Ukraine par les chants cosaques. L’Ukraine, avec son histoire politique tourmentée et sa soif de liberté proche de ce que l’on peut retrouver en France, est en plus directement liée aux enjeux que j’étudie.
Nathan Hourcade - Parce que c’est un sujet technique initialement, mais pourtant stratégique pour un pays comme la France, dont les capacités cyber sont de premier plan.
Et parce qu’il est particulièrement intéressant de transposer des réflexions américaines encore peu diffusées dans l’espace stratégique français.
Pierre-Nicolas Nabet - Pour des raisons d’abord personnelles : ayant vécu en Russie, j’ai toujours été attirée par les régions froides.
En étudiant, j’ai découvert que l’Arctique était un angle mort de la géopolitique française, ce qui m’a poussée à m’y intéresser.
Camille Escudé
QUELS POINTS CLéS SOUHAITEZ-VOUS VALORISER ?
- La nécessité de penser la guerre à travers la culture, et l’importance des sources numériques dans la recherche.
Sophia Mahroug - Il faut sortir du cadre chronologique traditionnel pour valoriser des liens interétatiques atypiques et souvent négligés.
Nathan Hourcade - L’importance accrue de se protéger et d’avoir des capacités d’action dans les champs cyber et numérique.
Mais aussi qu’il faut oser candidater. La recherche est un travail de longue haleine, mais toute idée est bonne à exprimer.
Pierre-Nicolas Nabet - Rien n’est acquis. La géopolitique requiert de l’humilité : au début de mes travaux, je pensais l’Arctique en paix. Depuis 2022 et l’invasion de l’Ukraine, j’ai dû revoir mes conclusions et essayer de comprendre les nouveaux enjeux géopolitiques de cette région.
Camille Escudé
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Continuez la réflexion en lisant notre article des lundis de l’IHEDN sur la thèse Sophia Mahroug
















